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Nous le savons, l’acte de démolir et de reconstruire est un acte émetteur de gaz à effet de serre (GES). Émetteur car cela demande d’utiliser de l’énergie pour les engins, les grues et les bases vies, le chantier engendre des quantités de déchets qu’il faut traiter ensuite, ou encore des déplacements divers et variés (de compagnons, visiteurs ou déplacements de matériels). Mais alors, ces émissions, si elles sont plus ou moins intégrées aux normes en vigueur, telle que la RE2020 qui régule les impacts GES des nouvelles constructions, toutes ne sont pas strictement évaluées pour disposer d’une vision globale des impacts.
La réglementation environnementale dite RE2020, en vigueur depuis 2022, impose aux nouvelles constructions d’évaluer les impacts GES du bâtiment sur l’environnement, et notamment pendant la phase chantier, avec une distinction de données évaluées :
Si nous regardons plus précisément ce qui est considéré dans l’indicateur Ic chantier, calculé sur la durée totale du chantier annoncé, nous avons :
Ces émissions sont certes représentatives d’une certaine manière des actions menées pendant un chantier, mais elles sont loin d’être exhaustives si nous voulons réellement comptabiliser l’ensemble des émissions générées par les chantiers. À noter que l’acte de démolition est complètement hors périmètre de calcul dans la RE2020, les déchets générés par la démolition sont donc invisibilisés.
Pour disposer d’une vision complète des émissions, le périmètre devrait notamment intégrer :
À noter que le transport des matériaux est déjà considéré dans le périmètre de l’indicateur Ic_Composant de la RE2020, calculé via une analyse de cycle de vie et basé sur les fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES) considérées pour chaque produit de construction et équipement. Ainsi, si une étude ACV existe pour le bâtiment analysé, il est nécessaire de vérifier le périmètre d’étude global de manière à ne pas réaliser de double comptabilisation des émissions. Il en va de même pour tous mes processus liés à la fabrication des matériaux, déjà considérés dans l’indicateur Ic_Composant.
Nous avons, sur un projet de démolition et reconstruction d’un bâtiment de santé, réalisé un premier bilan des émissions de gaz à effet de serre du chantier (chantier encore en cours, les résultats ne sont pas définitifs). La maîtrise d’ouvrage a notamment souhaité, via cette étude, pouvoir comparer à la fois les quantités de déchets et les quantités de GES émises par le traitement des déchets, pour les phases de démolition et de construction.

La gestion des déchets constitue le poste le plus important dans le bilan GES, non seulement en raison des transports associés à leur collecte et à leur traitement, mais aussi à cause des procédés de valorisation ou d’élimination mobilisés en fin de vie. Les émissions liées aux déchets intègrent généralement l’ensemble de la chaîne de traitement, depuis la collecte sur chantier jusqu’aux opérations finales de recyclage, d’incinération, de stockage ou de valorisation énergétique. Les déchets inertes du BTP, comme le béton, les terres excavées ou les gravats, présentent en général des émissions relativement faibles par tonne traitée lorsqu’ils sont valorisés en remblais ou recyclés en granulats. À l’inverse, les déchets non valorisés envoyés en installation de stockage génèrent des impacts plus élevés liés au transport, au fonctionnement des installations et à l’occupation des sols. Les déchets combustibles tels que les plastiques, le bois ou les emballages peuvent être orientés vers l’incinération avec valorisation énergétique, filière permettant de produire de la chaleur ou de l’électricité en substitution d’énergies conventionnelles, ce qui réduit partiellement l’impact carbone global.
Les performances environnementales de cette filière dépendent toutefois de la qualité du tri à la source sur chantier, de la limitation des mélanges de matériaux et de la capacité des centres de traitement à séparer efficacement les différentes fractions métalliques. L’amélioration des technologies de tri et le développement des filières françaises de recyclage constituent aujourd’hui des leviers majeurs pour réduire les émissions de GES associées aux déchets du secteur du BTP.
Le graphique ci-dessous présente la répartition des émissions de GES par type de déchets mais également par phase (démolition ou reconstruction).
A ce stade, les émissions des déchets de la démolition sont majoritaires, au regard des quantités importantes de ferraille et de déchets inertes à évacuer. Une comparaison finale des émissions de ces deux phases une fois le chantier finalisé permettra de comparer plus finement ces données et de statuer sur les bénéfices ou non de démolir et de reconstruire par rapport à la rénovation du bâtiment.
A noter qu’à l’échelle française, il est estimé que près de 50% des déchets du bâtiment proviennent des démolitions ; contre seulement 13% pour la construction neuve.

Le fret de matériel et d’équipements constitue un poste souvent sous-estimé dans les BEGES des chantiers, alors qu’il peut représenter une part significative des émissions indirectes liées à la phase travaux. Ces émissions proviennent principalement du transport des équipements techniques, des engins de chantier, des éléments préfabriqués ainsi que des rotations logistiques nécessaires à l’approvisionnement du site. Leur importance dépend fortement des distances parcourues, des modes de transport utilisés, des masses transportées et du niveau d’optimisation logistique mis en œuvre.
Le transport routier demeure largement dominant sur les chantiers du BTP et constitue la principale source d’émissions du fret chantier, notamment via l’utilisation de camions alimentés au gazole.
Les modes de transport alternatifs influencent également fortement le bilan GES du chantier. Le fret ferroviaire et le transport fluvial présentent des facteurs d’émissions nettement inférieurs au transport routier pour les flux massifiés. Leur utilisation reste toutefois limitée par les contraintes d’accessibilité des chantiers urbains, les ruptures de charge et les besoins de flexibilité opérationnelle. Dans les grands projets d’infrastructures ou les opérations urbaines d’envergure, certaines maîtrises d’ouvrage intègrent désormais des objectifs de réduction des émissions logistiques en favorisant le rail, les barges fluviales ou les plateformes de consolidation des approvisionnements selon l’ADEME.
Le fret des engins et matériels de chantier contribue également aux émissions indirectes, notamment lorsque les équipements sont mutualisés entre plusieurs opérations et nécessitent des transferts fréquents. Les grues, bases vie, nacelles, groupes électrogènes ou matériels spécialisés sont souvent acheminés par convois spécifiques. À cela s’ajoutent les livraisons fractionnées dues à une planification non optimisée des approvisionnements, qui augmentent les rotations de véhicules et dégradent le BEGES global du chantier. L’optimisation des calendriers logistiques, le regroupement des livraisons, le réemploi local des matériaux et la préfabrication peuvent ainsi constituer des leviers importants de réduction des émissions de GES associées au fret chantier.
Dans le cadre du chantier évalué, de nombreux transports de matériel sont effectués, à la fois depuis le département dans lequel se trouve le chantier, mais également depuis d’autres régions pour du matériel très spécifique. L’entreprise générale ayant d’autres chantiers, elle réalise des rotations de matériels.
Concernant les consommations énergétiques, leurs émissions de GES sont minoritaires dans le BEGES global. Si certains engins consomment du GNR, la majorité des consommations sont électriques et émettent donc relativement peu par rapport aux autres postes. Cela dit, elles peuvent toujours être réduites, en ayant notamment une politique vigilante sur la mise en route du chauffage ou encore de la climatisation dans les bases vie.
Les déplacements suivants ont été comptabilisés :
Pour ces calculs, des données par entreprise ont été travaillées pour représenter au mieux les déplacements effectués. Pour les déplacements des visiteurs, une moyenne mensuelle de déplacement et des modes de transport ont été extrapolés sur une année civile, de manière à avoir une visualisation globale des émissions sur une année de chantier.
L’ensemble de ces déplacements sont majoritairement réalisés via des véhicules personnels, quelques déplacements minoritaires sont réalisés en transport en commun.
Le poste déplacement est donc le 3ᵉ poste le plus émissif et n’est jamais considéré dans les études ACV des bâtiments, notamment en lien avec la RE2020.
Nous l’avons expliqué, les émissions de GES calculées dans le cadre de la RE2020 sont finalement loin d’être représentatives des émissions totales générées par un chantier. Certains postes sont exclus du périmètre, quand d’autres postes peuvent être plus ou moins bien extrapolés (énergie notamment).
La généralisation de ce type d’étude permettrait d’avoir une meilleure connaissance des réels impacts de ces opérations, et de pouvoir déceler les leviers de décarbonation les plus pertinents à mettre en place.
La question des déchets et des phases de démolition-reconstruction reste centrale et doit être davantage documentée pour analyser de manière globale les incidences entre la rénovation et la démolition-reconstruction.
La transition environnementale est désormais un enjeu stratégique de compétitivité et de pérennité pour l'ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille. L'intensification des effets du changement climatique, la raréfaction de certaines ressources naturelles, la volatilité des coûts de l'énergie et des matières premières, ainsi que le renforcement continu du cadre réglementaire européen imposent aux organisations de transformer durablement leurs modèles de développement.
Les entreprises doivent aujourd'hui répondre à de nombreuses exigences, parmi lesquelles la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, l'amélioration de leur performance énergétique, la maîtrise des risques climatiques, la prise en compte des impacts sur la biodiversité, la mise en conformité avec les nouvelles obligations de reporting extra-financier (CSRD, taxonomie européenne, BEGES réglementaires, etc.) ou encore les attentes croissantes des investisseurs, des clients et des donneurs d'ordre. Ces enjeux concernent désormais l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis les achats et les fournisseurs jusqu'à la conception des produits et services.
Dans ce contexte, les démarches environnementales ne peuvent plus se limiter à des actions isolées ou à la réalisation d'un bilan carbone ponctuel. Les entreprises doivent structurer une véritable stratégie de transition articulée autour d'un diagnostic de maturité, d'une gouvernance adaptée, d'une trajectoire de décarbonation compatible avec les objectifs climatiques, d'une politique d'adaptation aux risques physiques et d'un dispositif de pilotage permettant de mesurer les progrès réalisés dans le temps.
Parce que les besoins diffèrent selon la taille des entreprises, leur niveau de maturité et leurs obligations réglementaires, Vizea a développé différentes solutions permettant d'accompagner les organisations à chaque étape de leur transition environnementale. Ces accompagnements mobilisent des méthodologies reconnues, des outils opérationnels et des dispositifs de financement permettant de réduire significativement le coût des prestations tout en accélérant le passage à l'action.
Qu'il s'agisse d'initier une démarche environnementale, de structurer une stratégie de décarbonation, de mobiliser les fournisseurs ou d'anticiper les impacts du changement climatique, Vizea propose des solutions adaptées aux enjeux de chaque catégorie d'entreprise.
En s'appuyant sur des dispositifs de financement et sur une expertise reconnue en stratégie environnementale, nos équipes accompagnent les organisations dans la construction de trajectoires réalistes, ambitieuses et directement opérationnelles, conciliant performance économique, conformité réglementaire et transition écologique.

Les petites et moyennes entreprises ont de plus en plus besoin de structurer leur transition environnementale sans multiplier les prestataires ni les démarches indépendantes.
La solution Transition TPE/PME répond à cet objectif en proposant un accompagnement global intégrant l'ensemble des fondamentaux de la transition.
L'objectif est de permettre aux entreprises de disposer d'une trajectoire cohérente, mesurable et directement opérationnelle.
Subventions jusqu’à 50 % du coût total.
Référencé par Bpifrance dans le cadre des dispositifs Diag Décarbon'Action et Diag Éco-Flux, Vizea accompagne les entreprises dans l'analyse de leurs émissions et de leurs flux afin d'identifier les principaux leviers de réduction.
L'accompagnement repose sur :
Cette approche permet de transformer le bilan carbone en véritable feuille de route opérationnelle.
Subventions jusqu’à 40% du coût total.
Pour les entreprises de plus de 250 salariés, les principaux gisements de réduction ne se situent plus uniquement au sein des activités internes mais également dans les produits, les services, les achats et les fournisseurs. La solution DECARBO BOOST ETI élargit donc le périmètre d'intervention afin de construire une stratégie de décarbonation intégrée.
Les travaux portent notamment sur :
Cette approche permet d'engager une réduction durable des émissions tout en renforçant la compétitivité de l'entreprise.
Subvention jusqu’à 70 % du coût total.
Pour les grandes entreprises, plus de 80 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent principalement du scope 3, en particulier des achats et des fournisseurs.
La solution Scope 3 Fournisseurs GE vise à accompagner les grandes organisations dans la mobilisation de leur chaîne d'approvisionnement afin de réduire les émissions indirectes.
L'accompagnement comprend :
Cette démarche permet d'intégrer pleinement les fournisseurs dans la trajectoire climat de l'entreprise.
Subventions jusqu’à 80 % du coût total.
La transition environnementale ne consiste pas uniquement à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les entreprises doivent également s'adapter aux conséquences déjà visibles du changement climatique.
Épisodes de chaleur extrême, sécheresses, inondations, tensions sur les ressources naturelles, évolution des marchés ou nouvelles obligations réglementaires fragilisent directement les modèles économiques, construire une stratégie de résilience climatique devient ainsi un levier majeur de pérennité et de compétitivité.
Notre solution accompagne les entreprises, peu importe leur taille et leur secteur, souhaitant anticiper les impacts du changement climatique sur l'ensemble de leur chaîne de valeur.
L'accompagnement comprend :
Cette démarche permet aux entreprises d'améliorer leur capacité d'anticipation et de sécuriser durablement leurs activités.
Subvention jusqu’à 30 % du coût total.
La biodiversité s'impose désormais comme un critère à part entière dans l'évaluation des projets immobiliers et d'aménagement, au même titre que la performance énergétique ou carbone. Pour répondre à cet enjeu, Anaëlle Grébert, au sein de Vizea, vient d'obtenir la qualification Biodiversity Partner Effinature sur les référentiels Nouvelle Construction et Évolution (BP-NCOEVO). Une nouvelle corde à l'arc de Vizea pour accompagner ses clients vers des projets qui intègrent réellement le vivant.
Effinature est une certification française dédiée à la biodiversité dans les projets de construction, de rénovation et d'aménagement. Elle est délivrée par l'IRICE (Institut de Recherche et d'Innovation pour le Climat et l'Écologie), organisme accrédité Cofrac, ce qui garantit l'indépendance et la rigueur méthodologique de l'évaluation.
Contrairement à des démarches plus globales comme la HQE, Effinature est une certification monocritère : elle se concentre exclusivement sur la biodiversité, ce qui lui permet d'aller beaucoup plus loin sur ce sujet spécifique. Elle s'articule autour de plusieurs familles d'actions complémentaires :
La certification couvre trois standards distincts, adaptés à la nature de chaque opération : NCO pour les projets de construction neuve, EVO pour les projets de réhabilitation, et HOR pour les projets d’aménagements du territoire. Un volet HVE (Haute Valeur Environnementale) peut également venir compléter l'évaluation en phase exploitation pour les démarches les plus ambitieuses.
Pour porter une démarche de certification Effinature, les maîtres d'ouvrage doivent s'appuyer sur un Biodiversity Partner : un professionnel qualifié par l'IRICE, capable d'analyser les exigences du référentiel, de construire des preuves recevables et auditables, et d'accompagner le projet de la conception jusqu'à la livraison.
En obtenant sa qualification BP-NCOEVO, Anaëlle Grébert a suivi un parcours de formation dédié, structuré autour de la compréhension des référentiels NCO et EVO, de l'intégration de la biodiversité dans le cycle de vie d'un projet, et de la production de dossiers de preuves conformes aux exigences de l'audit. Cette qualification est individuelle, nominative, et référencée dans le registre public des Biodiversity Partners.
Intégrer un Biodiversity Partner qualifié dès les premières phases d'un projet permet de sécuriser l'atteinte des objectifs de certification, plutôt que de tenter de rattraper des exigences biodiversité une fois le projet amorcé. Pour les porteurs de projets, les bénéfices sont multiples :
Avec cette nouvelle qualification, Vizea complète son offre d'accompagnement sur les transitions environnementales et propose désormais à ses clients un appui dédié pour intégrer la biodiversité dans leurs projets de construction, de rénovation ou d'aménagement, de la phase de conception jusqu'à la certification finale.
Vous portez un projet immobilier ou d'aménagement et souhaitez en savoir plus sur la démarche Effinature ? Notre équipe est à votre disposition pour échanger sur vos enjeux et étudier la pertinence d'une certification biodiversité pour votre projet. Décrivez-nous votre projet et nos experts reviendront vers vous sous 48 heures.
La nouvelle mandature municipale s’ouvre dans un contexte réglementaire changeant en matière d’environnement, et qui demande plus que jamais des arbitrages forts.
Depuis plusieurs mois, un mot revient partout : simplification. Simplification du droit de l’urbanisme, des procédures environnementales, du reporting ESG, des contraintes administratives…
L’objectif affiché est clair : accélérer les projets, construire plus vite, alléger la charge des entreprises et des collectivités. Mais derrière cette dynamique, une question émerge : simplifier… jusqu’où ? Et à quel prix pour l’environnement et le climat ?
On peut ainsi citer plusieurs signaux qui montrent un changement d’équilibre entre transition écologique et impératifs économiques, et qui risquent d’augmenter certains risques environnementaux voire de peser sur la santé des Français :
En premier lieu, l’assouplissement du ZAN, avec la proposition de loi TRACE qui doit être débattue par l’Assemblée nationale et qui vise à diminuer les ambitions en matière de sobriété foncière, pourtant nécessaire pour concilier souveraineté alimentaire, séquestration du carbone, préservation de la biodiversité ou encore lutte contre le risque inondation.
En outre, la contestation des ZFE, finalement maintenues fin mai par le Conseil constitutionnel : si le dispositif doit encore être amélioré, en particulier pour aider les plus précaires à changer plus facilement de véhicule, elle a d’ores et déjà montré son efficacité sur la qualité de l’air et donc sur la santé dans les grandes métropoles.
Plus largement, la réduction de certaines obligations environnementales et l'accélération des procédures qui affaiblissent les garde-fous face à des enjeux environnementaux de long terme : on peut citer deux exemples ici : d’une part, l’allègement de certaines évaluations environnementales dans les PLU depuis fin 2025. Ainsi, une accumulation de « petites modifications » exemptées d’évaluation pourrait avoir in fine des effets significatifs sur l’artificialisation des sols ou la biodiversité. D’autre part, la réduction de la concertation publique sur certains projets industriels justifiée par la volonté d’accélérer la réindustrialisation du pays : le risque est de mener à plus de contestation et de contentieux sur certains projets, par manque d’information et de consultation du public en amont.
Le risque n’est pas seulement réglementaire. Il est aussi territorial et démocratique. Car les normes environnementales sont souvent perçues comme des freins… jusqu’au moment où les territoires doivent gérer les conséquences très concrètes : canicules, artificialisation, tensions sur l’eau, qualité de l’air, vulnérabilité énergétique…
La simplification est nécessaire. Mais elle ne peut devenir synonyme de recul écologique. L’enjeu aujourd’hui est probablement moins de “faire moins de règles” que de construire des règles plus lisibles, plus stables et plus applicables localement.
Dans ce contexte, et suite aux élections municipales, beaucoup de communes entrent dans une phase charnière.
En effet, en plus d’un cadre réglementaire en évolution, le contexte a profondément changé depuis 2020 et la crise Covid : inflation, tensions budgétaires, crises énergétiques liées aux tensions géopolitiques, pression sur le logement, plusieurs événements climatiques extrêmes (canicules successives, inondations…). Ce qui génère par ailleurs des attentes citoyennes plus fortes.
Dans le même temps donc, plusieurs réformes récentes assouplissent certaines règles : évolutions autour du ZAN, simplification du droit de l’urbanisme, débats sur les ZFE…
Pour les élus et les territoires, une nouvelle équation apparaît : comment continuer à transformer les territoires, répondre à une demande croissante de pragmatisme et de résultats rapides, tout en tenant compte des enjeux climatiques qui sont de plus en plus visibles ?
Les prochains mandats devront ainsi arbitrer entre :
Les collectivités et en particulier les communes et intercommunalités restent en première ligne. Ce sont elles qui traduisent concrètement les politiques publiques dans le quotidien des habitants.
Et dans ce nouveau cycle municipal, la capacité à articuler aménagement, climat et qualité de vie pourrait devenir un marqueur fort des politiques locales.
Chaque cycle municipal est l'occasion de redéfinir les priorités du territoire. Mais entre transition écologique, adaptation climatique, sobriété foncière, énergie ou encore contraintes budgétaires, les sujets à traiter sont nombreux.
Une question revient alors souvent : quelles actions prioriser pour le mandat ?
Avant de lancer de nouvelles démarches, il est utile de disposer d'une vision claire :
L'enjeu n'est pas seulement de définir une ambition, mais de construire une feuille de route réaliste, adaptée aux enjeux du territoire et aux capacités de la collectivité. Dans un contexte en constante évolution, anticiper, planifier et prioriser devient un véritable levier d'action pour les collectivités.

Aurélien Keller a rejoint Vizea pour prendre la direction de l'agence de Lyon avec une conviction forte : que c'est à l'échelle locale et concrète que se joue véritablement la transition écologique. Sur un territoire aussi vaste qu'hétérogène, entre Auvergne-Rhône-Alpes et PACA, il porte l'ambition de développer l'activité régionale de Vizea en s'attaquant à des défis de fond : sobriété foncière, adaptation au changement climatique, mobilité durable, réhabilitation du bâti existant. Dans cette interview, il revient sur les grandes mutations environnementales et urbaines qui traversent le territoire lyonnais, sur la manière dont l'agence accompagne au quotidien collectivités, promoteurs et maîtres d'ouvrage face à un cadre réglementaire en perpétuelle évolution.
Dès le collège, je répondais sans hésiter que je voulais travailler dans le bâtiment et l'énergie à la fameuse question : "Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?". La traduction concrète était encore floue, mais le fond n'a pas tellement changé.
Après une première expérience en bureau d'études environnement, j'ai eu la chance de participer au développement du pôle ingénierie d'Openergy, qui a ensuite rejoint le groupe Egis et dont j'ai pris la direction en 2024.
Rejoindre Vizea s'est fait dans la continuité de cette aventure, avec deux nouveaux défis : développer l'activité régionale de Vizea sur une grande région sud-est et découvrir de nouveaux métiers que je ne pratiquais pas encore.
J'y ai (re)trouvé des projets d'aménagement de quartier, de mobilité durable ou de programmation d'opérations de construction ou de réhabilitation de bâtiments sur lesquels l'impact que nous avons sur la société et la ville de demain peut être très fort. C'est finalement ce point qui a fait la différence : contribuer, personnellement et au travers de l'agence, à un monde plus durable et soutenable au travers de projets locaux et concrets. Peut-être que le fait d'être devenu papa n’y est pas tout à fait étranger.
Nous intervenons depuis Lyon sur un territoire très vaste et hétérogène, entre AURA et PACA.
Les problématiques sont aussi diverses que les territoires : des zones très attractives comme l'arc alpin ou la métropole d'Aix-Marseille, et de nombreux territoires ruraux ou périurbains qui dépendent fortement des dynamiques des grands pôles.
Certaines villes moyennes héritent de politiques d'aménagement encore souvent fondées sur l'extension urbaine. C'est aujourd'hui un modèle à bout de souffle, entre artificialisation des sols et dépendance à la voiture individuelle. La transition commence à s'opérer malgré le temps long de l'aménagement du territoire qui impose de la patience.
Du point de vue environnemental, je pense que nous traversons deux transitions majeures, aussi bien sur le plan sémantique que dans la prise de conscience des acteurs du territoire.
Sur un plan plus large, les hausses répétées du prix de l'énergie ces dernières années représentent peut-être une opportunité. Elles pèsent lourd sur les populations les plus fragiles et les territoires les plus dépendants de la voiture, mais elles permettent d'aligner à nouveau transition écologique, enjeux sociaux et économies de ressources d'une manière que les seuls arguments environnementaux ne permettaient pas toujours. C'est un levier pour trouver des soutiens au-delà des convaincus, pour accélérer les alternatives à la voiture dans les zones rurales, et pour rendre moins coûteux le passage à des matériaux biosourcés ou géosourcés dans le bâtiment par exemple.
Dans le bâtiment, nous accompagnons des projets très diversifiés, tant en termes de missions que de typologies ou de stades d'avancement. Nous sommes par exemple intervenus sur plusieurs missions de programmation environnementale pour l'université de Lyon ces dernières années afin de définir les ambitions portées sur des opérations de construction ou de réhabilitation de locaux universitaires. Nous travaillons également aux côtés de promoteurs immobiliers à Lyon, Dijon ou Annecy pour développer des opérations ambitieuses sur le plan environnemental, tout en restant pragmatiques face au contexte économique difficile dans lequel évoluent ces acteurs qui font la ville.
Sur la mobilité durable, nous accompagnons plusieurs collectivités dans l'élaboration et la mise en œuvre de leurs stratégies, avec l'objectif de réduire la dépendance à la voiture individuelle. Nous avons développé une vraie expertise de la mobilité en montagne, en accompagnant les communes de Valloire et Courchevel, mais aussi sur des territoires ruraux et périurbains comme la commune de Belleville-en-Beaujolais, pour qui nous avons conçu un plan de mobilité scolaire. L'écomobilité scolaire est d'ailleurs un levier encore sous-exploité : c'est une brique essentielle pour montrer aux nouvelles générations ce qu'il est déjà possible de faire aujourd'hui. Travailler sur ce sujet aux côtés d'équipes et d'élus motivés, comme à Belleville, est un réel plaisir.
Le premier défi est souvent celui du financement. Dans une période d'instabilité des investissements publics, beaucoup s'interrogent sur leur capacité à financer la transition. Ce défi mérite d'être nuancé : investir dans la transition n'est pas une dépense de fonctionnement. Et surtout, ce n'est pas nécessairement un surcoût : de nombreuses solutions permettent de développer des projets ambitieux à budget constant, à condition de les anticiper suffisamment tôt. Rénover et travailler avec l'existant, faire du réemploi dans la réhabilitation d'un immeuble de bureaux comme nous le faisons sur un site administratif à Marseille sont des exemples concrets de cette logique.
Le deuxième défi est la difficulté à s'orienter dans un environnement réglementaire changeant, parfois contradictoire. Dans le bâtiment, les évolutions successives du décret tertiaire et de la RE2020 ces dernières années demandent une vraie agilité pour conseiller au mieux les maîtres d'ouvrage. Pour l'aménagement du territoire, la politique du ZAN, ou encore les évolutions du fond vert ont le même effet désorientant pour les acteurs qui ne se confrontent pas à ces enjeux quotidiennement. Notre rôle est précisément de leur permettre de garder le cap dans cette complexité.
Nous avons aussi beaucoup à faire sur les nouveaux métiers de Vizea, notamment la transition environnementale des organisations, qui représente un axe de développement prometteur.
Ce qui me rend confiant, c'est la profondeur des savoir-faire disponibles à l'agence comme dans l'ensemble du réseau Vizea. C'est en continuant à accompagner des opérations exigeantes et de long terme, comme la ZAC Gratte-Ciel Centre-Ville à Lyon que nous suivons depuis plus de dix ans, que l'agence démontrera son expertise et construira sa trajectoire.
Je choisirais la montagne. Pas un lieu précis, mais une vision d'ensemble. Nous accompagnons des communes de montagne comme Valloire, Courchevel ou Bonneville, et je mesure chaque jour l'ampleur des mutations en cours : des modèles touristiques à réinventer face au changement climatique, des mobilités à repenser, des projets urbains à concevoir autrement dans des vallées sous pression.
Ce que je rêverais de transformer, c'est le regard collectif que nous portons sur ces territoires. Une montagne que l’on réapprend à respecter à l’aune du changement climatique : épargnée du tourisme de masse mais plus accessible à tous, sobre mais plus riche d'usages. Pas une montagne uniquement sauvage, mais une montagne où l'aménagement redevient au service des habitants, des amoureux des grands paysages et de la nature.
À l’occasion du 41ᵉ Congrès national de la FNADEPA, Vizea est intervenu sur un sujet désormais central pour les établissements et services accompagnant les personnes âgées : comment faire de la transition écologique non pas une contrainte supplémentaire, mais un levier de continuité d’activité, de maîtrise des charges, de qualité d’accueil et de résilience ?
Le secteur du grand âge est directement exposé aux effets du changement climatique. Les vagues de chaleur, les tensions sur l’eau, l’augmentation des coûts énergétiques, l’évolution des obligations réglementaires et les attentes croissantes des financeurs transforment progressivement les conditions de gestion des établissements. Le sujet n’est donc plus seulement environnemental. Il devient patrimonial, financier, sanitaire, social et managérial.
Pendant longtemps, la transition écologique a pu être perçue comme un sujet périphérique : une démarche volontaire, un engagement RSE, parfois un ensemble d’écogestes ou de projets ponctuels. Cette lecture n’est plus suffisante.
Dans un EHPAD, une résidence autonomie ou un service d’aide à domicile, les conséquences du changement climatique se traduisent très concrètement : température dans les chambres, inconfort d’été, besoin de rafraîchissement, consommation d’eau, continuité énergétique, sécurité des approvisionnements, organisation du travail, fatigue des équipes, qualité de vie des résidents et capacité à maintenir l’activité en période de crise.
La canicule est à cet égard un révélateur puissant. Elle ne teste pas seulement le confort du bâtiment ; elle teste l’organisation, la maintenance, la capacité d’alerte, le plan de continuité, la coordination avec les équipes, les familles et les partenaires. Elle met aussi en évidence les limites d’un patrimoine souvent hétérogène, parfois ancien, parfois rénové sans prise en compte suffisante du confort d’été.
La transition écologique rejoint donc pleinement la gestion des risques. Elle concerne la protection des résidents, la santé des professionnels, la maîtrise des coûts d’exploitation, la conformité réglementaire et la pérennité du modèle d’accompagnement.

Le secteur de l’autonomie ne part pas d’une page blanche. Il est déjà fortement mobilisé, sous contrainte budgétaire, avec des tensions RH importantes et des marges de manœuvre variables selon les structures.
Il n’existe pas une trajectoire unique du grand âge. Les leviers ne sont pas les mêmes selon que l’on soit un établissement public autonome, une résidence autonomie communale, un EHPAD associatif, un groupe privé, un acteur mutualiste, un service d’aide à domicile, un gestionnaire propriétaire de son patrimoine ou une structure locataire d’un bâtiment porté par un bailleur.
Cette diversité est déterminante. Qui possède le bâtiment ? Qui paie l’énergie ? Qui déclare les consommations ? Qui investit ? Qui récupère les économies ? Qui porte le risque technique ? Qui finance le reste à charge ? Ces questions sont souvent aussi importantes que le choix d’une solution technique.
Autrement dit, la transition écologique est fréquemment un sujet de gouvernance avant d’être un sujet d’ingénierie. Un projet peut être pertinent sur le plan énergétique, mais difficile à concrétiser si le montage patrimonial, financier et décisionnel n’est pas clarifié. 
Les travaux du Shift Project ont permis de poser un ordre de grandeur majeur : le secteur de l’autonomie représente environ 10 millions de tonnes de CO₂ équivalent par an, soit près de 1,5 % des émissions nationales. Les principaux postes concernent les déplacements, l’alimentation, l’énergie des bâtiments, les travaux, les soins, les achats, le linge et les déchets.
Ces données sont indispensables. Elles donnent le cadre et rappellent que le secteur a un rôle à jouer dans la trajectoire nationale de décarbonation. Mais pour une direction d’établissement, le carbone n’est qu’une partie de l’équation. Le pilotage opérationnel impose d’ajouter d’autres critères : le confort d’été, la vulnérabilité des résidents, la facture énergétique, les besoins de maintenance, les contraintes d’exploitation, les obligations réglementaires, la disponibilité des financements, la capacité à embarquer les équipes et la faisabilité réelle des actions.
Un établissement n’a pas besoin d’une liste théorique de cinquante leviers. Il a besoin d’une feuille de route hiérarchisée, adaptée à son patrimoine, à son territoire, à ses moyens et à son niveau de maturité.
Le cadre réglementaire évolue rapidement. Certaines obligations sont déjà en place : décret tertiaire pour les bâtiments concernés, remontée des consommations sur OPERAT, pilotage énergétique, tri des déchets selon les flux applicables, tri à la source des biodéchets, exigences liées à la restauration collective, prévention des risques professionnels, gestion de crise et continuité d’activité.
D’autres sujets montent en puissance : confort d’été, adaptation au changement climatique, trajectoires carbone, achats responsables, reporting de durabilité pour les structures directement concernées ou indirectement sollicitées par leur groupe, leurs financeurs, leurs partenaires ou leurs donneurs d’ordre.
La transition écologique n’est donc pas seulement portée par la loi. Elle l’est aussi par les appels à projets, les CPOM, les financeurs, les banques, les bailleurs, les collectivités, les assureurs, les familles, les salariés et les futurs professionnels.
Ce qui est volontaire aujourd’hui peut devenir exigible demain. L’enjeu est d’éviter de devoir produire dans l’urgence des données, des indicateurs ou une trajectoire qui n’auraient jamais été structurés en amont.
La première étape consiste à objectiver la situation. Mesurer ne doit pas être compris comme une exigence administrative supplémentaire. C’est un outil de décision.

Mesurer les consommations d’énergie et d’eau, les températures intérieures, les coûts d’exploitation, les émissions carbone, les fragilités du bâtiment, les usages, les contrats, les risques et les irritants du quotidien permet de sortir des impressions générales. Cela permet d’identifier ce qui relève d’une action rapide, d’une maintenance renforcée, d’un changement d’usage, d’un investissement ciblé ou d’une restructuration patrimoniale plus lourde.
La deuxième étape consiste à prioriser. Toutes les actions ne se valent pas. Certaines sont faciles à engager et peuvent produire des gains rapides : réglages, suivi des consommations, sobriété énergétique, maintenance, gestion des ouvrants et protections solaires, sensibilisation des équipes, ajustement des contrats, réduction des gaspillages, achats mieux cadrés. D’autres sont plus structurantes : rénovation thermique, végétalisation et désimperméabilisation des abords, amélioration du confort d’été passif, remplacement des systèmes énergétiques, pilotage technique du bâtiment, sécurisation des approvisionnements, adaptation des espaces extérieurs.
La troisième étape est financière. Une action devient un projet lorsqu’elle est techniquement justifiée, économiquement argumentée et finançable. Cela suppose de clarifier le portage, le reste à charge, les économies attendues, les bénéfices sanitaires ou sociaux, les cofinancements mobilisables et le niveau d’ingénierie nécessaire. ARS, CNSA, ADEME, CEE, ACTEE, Fonds vert, agences de l’eau, régions, départements, Banque des Territoires, Assurance Maladie, CARSAT, OPCO Santé, ANFH : les guichets existent, mais ils nécessitent une stratégie de montage et des preuves solides.
La quatrième étape est managériale. Une trajectoire écologique ne peut pas reposer uniquement sur la direction. Elle doit embarquer les équipes, les résidents, les familles, les représentants du personnel, les administrateurs, les services techniques, les prestataires, le bailleur ou la collectivité propriétaire. La transition écologique devient alors un projet d’établissement : elle relie qualité d’accueil, QVCT, attractivité, sobriété, santé environnementale et maîtrise des charges.
La transition écologique ne doit pas être abordée comme une injonction supplémentaire adressée à des directions déjà fortement sollicitées. Elle doit être structurée comme une démarche de pilotage : comprendre ses risques, mesurer ses vulnérabilités, prioriser ses actions, sécuriser ses financements et engager ses parties prenantes.
Pour les établissements du grand âge, les bénéfices sont multiples : réduction des consommations, maîtrise des charges, amélioration du confort, meilleure capacité à traverser les épisodes de chaleur, attractivité renforcée, dialogue facilité avec les financeurs, valorisation de l’image de l’établissement et contribution concrète à la qualité d’accompagnement.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut agir. Elle est de savoir par quoi commencer, avec qui, selon quelle trajectoire et avec quels moyens.

Vizea accompagne les acteurs publics, privés et associatifs dans la construction de stratégies de transition écologique opérationnelles : diagnostics énergie-carbone, adaptation au changement climatique, confort d’été, trajectoires patrimoniales, feuilles de route RSE, montage de plans d’actions, recherche de financements, accompagnement au changement, temps de sensibilisation et mobilisation des équipes. Dans le secteur du grand âge, l’enjeu est clair : transformer un sujet perçu comme complexe en feuille de route lisible, finançable et pilotable.
Pour plus d’informations : contacter Jonathan COULET :
Pendant longtemps, la transition environnementale a été considérée comme une contrainte réglementaire ou un enjeu d’image. Pour autant, un tiers des entreprises françaises est désormais considéré à fort risque économique dû aux contraintes climatiques. Explosion des coûts de l’énergie, raréfaction et volatilité des matières premières, exigences accrues des clients et des investisseurs : les transformations à l’œuvre redéfinissent en profondeur les conditions de la performance économique.
Face à ces mutations, les entreprises ne peuvent plus se contenter d’adapter marginalement leurs pratiques. Elles sont désormais amenées à repenser leur manière de créer de la valeur afin de garantir la pérennité de leur activité dans un environnement en constante évolution.
Vizea vous propose de découvrir dans cet article les leviers de durabilité économique possibles afin d’anticiper les modèles qui façonneront les entreprises de demain.
De nombreuses entreprises se sont développées sur des logiques économiques construites dans un contexte d’abondance relative : énergie accessible, ressources disponibles, chaînes d’approvisionnement mondialisées, externalités environnementales peu prises en compte, etc.
Il n’existe pas 1 modèle économique mais plusieurs types de modèles économiques, chacun adapté à des secteurs et des stratégies d’entreprises spécifiques :
Ces modèles économiques reposent souvent sur :
Aujourd’hui, ces équilibres sont remis en cause : tensions sur certaines ressources, fluctuations des prix, attentes sociétales et évolution des normes, etc. autant de facteurs qui impactent la croissance des entreprises et perturbent le marché.
La banque de France projette ainsi une perte financière d’environ 11 points du PIB pour la France d’ici 2050 avec une forte défaillance des fournisseurs dû à la raréfaction des matières premières et des autres conséquences induites par le dérèglement climatique. Cela pourrait représenter à termes plus de 25 milliards d’euros de perte financière et toucher plus de 2 millions d’entreprises en France des secteurs économiques les plus vulnérables : BTP, agriculture, logistique, tourisme, énergie, etc.
Transformer son modèle économique ne signifie pas repartir de zéro. Il s’agit souvent de faire évoluer l’offre, la proposition de valeur, les sources de revenus ou la relation client pour répondre aux nouvelles réalités environnementales et économiques.
Ces évolutions ne peuvent pas être enclenchées sans une évaluation préalable des vulnérabilités de l’entreprises. On distingue deux risquent majeures : les risques de transition et les risques physiques. Les risques de transition sont liés à l’évolution vers une économie bas-carbone pour limiter le réchauffement climatique. La non prise en compte de cette transition peut induire une obsolescence des offres, un marché qui entre en décroissance ou encore l’application de nouvelles taxes. Les risques physiques sont liés au réchauffement climatique actuel nécessitant des mesures d’adaptation. Ils entrainent des dommages sur les actifs, une interruption des activités à la suite de conditions extrêmes, des problèmes d’approvisionnement ou encore une pénurie de matières premières.
Face à ces risques, il existe de nombreuses stratégies d’adaptation et d’atténuation à appliquer sur les activités sensibles de l’entreprise comme les sites de productions et entrepôts, l’approvisionnement et le transport, la sélection des fournisseurs ou encore les canaux de vente. Ainsi, il existe des modèles économiques soutenables visant à limiter leur impact négatif sur l’environnement tout en générant du profit en accord avec la raison d’être de l’entreprise.
Elle ne cherche pas seulement à produire moins d'impact négatif. Elle cherche à produire un impact positif net — restaurer les sols, reconstituer des cycles naturels, améliorer activement la qualité de vie des habitants et nourrir la biodiversité. Elle ne minimise pas ce qu'elle prend. Elle maximise ce qu'elle rend.

Source : Le concept de modèle économique soutenable : une approche étendue de la création de valeur et des parties prenantes de l’entreprise. ©Utopies, à partir de Bocken, 2023 et Freudenreich, 2020
Comment réussir sa transformation et quels bénéfices pour l’entreprise ?
Avant de transformer son modèle économique il est important de comprendre le mécanisme, la structuration et les points de faiblesses / risques de son modèle actuel. Le Business Model Canvas d’Osterwalder et Pigneur permet de modéliser son modèle économique à travers 9 blocs auxquels peuvent s’ajouter 4 briques :

Source : Business Model, Vizea
A l’issu de ce point de départ, voici les 4 étapes clés d’un processus réussi :
Quelques exemples d’évolutions possibles :
La transformation réussi d’un modèle économique dit classique à un modèle économique soutenable permet de nombreux bénéfices pour l’entreprise. En effet, on peut retrouver des bénéfices :
La transition environnementale ne se résume pas à réduire des impacts négatifs. Elle pousse les entreprises à réinventer la façon dont elles créent, délivrent et captent la valeur.
Les organisations qui s’engagent dès aujourd’hui dans cette transformation prennent une longueur d’avance. Elles seront mieux préparées aux évolutions réglementaires, aux tensions économiques et aux attentes du marché pour pérenniser leurs activités.
La vraie question n’est donc plus de savoir s’il faut transformer son modèle économique, mais comment le faire de manière pertinente, rentable et durable.
Il y a une phrase dans la charte d'aménagement de Cergy-Pontoise qui dit tout : "Pour des villes régénératrices." Pas durables. Pas résilientes. Régénératrices. Un mot qui, en apparence, ne change pas grand-chose. En pratique, il change tout. Vizea accompagne la Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise depuis 2021 dans l'élaboration de cette charte.
Cergy-Pontoise ne ressemble à aucun autre territoire francilien. Née en 1969 d'un projet délibérément ambitieux — créer une ville nouvelle, différente, où la nature et l'emploi coexistent à portée de main des habitants — elle a toujours porté en elle quelque chose de l'ordre de l'expérimentation urbaine.
Aujourd'hui, l'agglomération regroupe 212 801 habitants répartis sur 13 communes, 8 420 hectares de territoire dont 44 % d'espaces naturels et agricoles, 90 000 emplois, 30 000 étudiants. Elle est labellisée "Capitale de la biodiversité" par le programme 2 Libellules, engagée dans le programme TETE de l'ADEME, et affiche un niveau d'émissions carbone inférieur à la moyenne francilienne. Sur le papier, un territoire qui a déjà beaucoup fait.
Mais Cergy-Pontoise construit aussi. Beaucoup. Environ 1 170 logements par an, 15 zones d'aménagement concertées ouvertes, plus de 135 permis de construire annuels. Et c'est précisément là que se pose la vraie question : comment maintenir cette dynamique de développement sans sacrifier ce qui fait l'identité et l'attractivité du territoire ?
La réponse de l'agglomération a été claire : se doter d'une charte d'aménagement qui inscrive des exigences régénératives dans chaque projet, dès sa conception, pour les cinquante années à venir.
Pour comprendre ce que cette charte représente, il faut d'abord accepter un constat inconfortable.
L'aménagement durable — celui que nous pratiquons et promouvons depuis des années — repose sur une logique de réduction. Réduire les émissions carbone, réduire la consommation énergétique, réduire l'imperméabilisation des sols, réduire la dépendance à la voiture. C'est le paradigme du "Mieux" voire du "moins mal". Et ce paradigme a produit des résultats réels, mesurables, importants.
Mais il a une limite fondamentale : il ne répare pas. Il ralentit la dégradation, il ne régénère pas (toujours) ce qui a été abîmé.
La preuve la plus concrète de cette limite ? L'évolution du débat professionnel lui-même. Il y a dix ans, les discussions tournaient quasi exclusivement autour de la réduction des émissions. Aujourd'hui, elles portent autant — parfois davantage — sur l'adaptation. On construit des îlots de fraîcheur parce que les canicules sont là. On repense les réseaux d'eau parce que les sécheresses s'installent. On végétalise en urgence parce que les villes surchauffent.
Ce glissement du vocabulaire dit quelque chose d'essentiel : nous avons trop attendu pour réduire, et nous devons maintenant aussi réparer. La ville régénérative est une réponse à ce double impératif.
Elle ne cherche pas seulement à produire moins d'impact négatif. Elle cherche à produire un impact positif net — restaurer les sols, reconstituer des cycles naturels, améliorer activement la qualité de vie des habitants et nourrir la biodiversité. Elle ne minimise pas ce qu'elle prend. Elle maximise ce qu'elle rend.
La charte d'aménagement de Cergy-Pontoise traduit cette ambition en trois principes et treize engagements concrets. Mais derrière la structure technique, ce sont avant tout trois paris politiques.
Les leitmotivs sont clairs :
La charte engage les opérateurs à transformer leurs toitures en espaces actifs : production d'énergie, agriculture urbaine, biodiversité, lieux de vie. Niveau exemplaire : 100 % de la surface des toits multifonctionnelle. Ce n'est pas de la performance technique. C'est une façon de dire que chaque mètre carré compte, et que rien ne se gaspille.
Pas la nature comme décoration, comme "espace vert" coché dans un programme. La nature comme composante structurante de chaque décision d'aménagement. La charte l'exprime clairement : l'ambition est de passer d'une ville durable à une ville régénérative — c'est-à-dire d'une ville qui préserve à une ville qui produit du vivant.
Chaque projet doit intégrer des aménagements favorables à la faune locale. Non pas un nichoir symbolique, mais, au niveau exemplaire, un écosystème urbain fonctionnel combinant gîtes, toitures végétalisées, noues, mares et corridors écologiques. Sur la question de l'eau, même logique : récupérer systématiquement les eaux pluviales — d'abord pour les parties communes, puis les parties privatives, puis les eaux grises. Reconstruire, pas seulement gérer.
C'est peut-être le plus difficile à faire entendre dans les négociations avec les opérateurs. La charte l'affirme pourtant avec force : des logements bien conçus, bien ventilés, avec de vrais espaces extérieurs, ne coûtent pas plus cher à vivre. Ils coûtent moins cher à la santé publique.
La charte a été co-construite en plusieurs étapes :
Cette double clé de lecture, à la fois politique et technique, permet à chaque acteur de trouver dans la charte un cadre commun, tout en favorisant l’innovation et l’adaptation des dispositifs aux réalités locales.
Parmi les dix marqueurs du changement définis par la charte, deux illustrent particulièrement bien ce basculement de logique.
Dans la pratique habituelle de l'aménagement, l'arbre est un obstacle. On le déplace, on le compense, on applique des ratios réglementaires.
La charte inverse cette logique : au niveau exemplaire, tous les arbres adultes sont systématiquement conservés. Pour chaque arbre abattu, trois nouveaux sont plantés. L'arbre n'est plus une contrainte à gérer. Il devient un élément structurant qui organise le projet autour de lui. Ce renversement change tout dans la façon de concevoir un programme.
La charte exige une profondeur minimale de 1,50 mètre pour les balcons et terrasses. Un chiffre technique, en apparence. Mais ce chiffre dit quelque chose d'essentiel : un espace extérieur de 80 centimètres, c'est un couloir. On y passe, on n'y vit pas. Un espace de 1,50 mètre, c'est une table, une chaise, des plantes, un enfant qui joue. C'est la différence entre un logement qu'on subit et un logement qu'on habite.
Et un logement qu'on habite vraiment, c'est moins de stress, moins de pathologies liées au confinement, une meilleure santé mentale. L'aménagement produit de la santé, ou il en détruit.
C'est l'une des singularités les plus fortes de la démarche de Cergy-Pontoise : avoir placé la santé — au sens large — au cœur de tout. Pas comme un chapitre parmi d'autres. Comme la raison d'être de l'aménagement.
L'approche retenue est celle de la "Une Seule Santé" : santé humaine, santé animale et santé environnementale sont indissociables. Un sol vivant, de l'air pur, des espaces verts accessibles, une biodiversité urbaine qui régule naturellement les nuisibles : tout cela produit de la santé, concrètement, mesurable.
Les données disponibles pour des territoires comparables à Cergy sont frappantes. Si tous les quartiers étaient aussi végétalisés que les plus verts du territoire, près de 300 décès supplémentaires pourraient être évités chaque année. Dix minutes de marche quotidienne en plus : 150 décès évités. Une exposition aux particules fines ramenée sous les seuils OMS : 310 décès évités.
Ces chiffres ne sont pas des arguments théoriques. Ce sont des arguments politiques, opérationnels, budgétaires. Ils changent la façon de présenter un projet à un élu qui n'est pas convaincu par les enjeux environnementaux mais qui l'est immédiatement par la santé publique.
Une charte, aussi bien conçue soit-elle, reste fragile tant qu'elle ne s'appuie pas sur des documents réglementaires. C'est pourquoi l'un des engagements structurants de la démarche Cergy-Pontoise est l'intégration de ses principes dans les Plans Locaux d'Urbanisme des 13 communes.
Le PLU est le vocabulaire commun de tous les acteurs de la ville. Le seul document que tout le monde doit respecter. Quand une obligation de pleine terre minimale, une règle de conservation des arbres ou une exigence de toiture végétalisée y est inscrite, on ne fait plus de la sensibilisation. On fait de la ville.
Le PLU offre aussi ce qu'aucune charte ne peut garantir seule : une visibilité long terme. Un projet d'aménagement se conçoit sur cinq ans, se réalise sur dix, et impacte les cinquante années suivantes. Les opérateurs ont besoin de savoir que les exigences ne changeront pas au gré des mandats. Cette certitude réglementaire leur permet d'anticiper, d'innover, d'investir en cohérence avec les ambitions du territoire.
Chez Vizea, nous avons une conviction simple : on ne peut pas demander aux collectivités et aux opérateurs d'aller vers l'exemplaire si on reste soi-même au minimum.
C'est pourquoi, lors de la rénovation et l'extension de nos propres locaux, nous avons fait les mêmes choix que ceux que nous préconisons. Isolation biosourcée en fibres de bois, chaudière à bois, électricité Enercoop, récupération des eaux pluviales pour les toilettes, toiture végétalisée, jardin intérieur recréé.
Pas de la communication — de la cohérence. Et la meilleure façon pour nos équipes de comprendre concrètement ce que vivent nos clients : les arbitrages techniques, les contraintes de chantier, les coûts réels et les bénéfices tangibles d'un engagement régénératif.
La ville régénérative n'est pas réservée aux territoires favorisés ou aux projets vitrines. Cergy-Pontoise le démontre : un territoire sous pression de construction réelle, avec des contraintes budgétaires réelles, des acteurs multiples et des objectifs parfois contradictoires. Et pourtant une charte opérationnelle, co-construite, mesurable, ancrée bientôt dans les documents d'urbanisme.
Ce que ce territoire prouve, c'est que la vraie question n'est pas "est-ce possible ?" Elle est : peut-on se permettre de ne pas le faire ? Parce que continuer à aménager comme avant — c'est ça, finalement, la vraie utopie. Celle qui coûte très cher, à terme, en adaptation subie, en coûts de santé publique, en perte d'attractivité.
La ville régénérative est l'étape suivante de l'aménagement durable. Elle est accessible, progressive, mesurable. Et elle commence par un choix : celui de décider que chaque projet, quel que soit son échelle, peut produire plus qu'il ne consomme comme notre concept "TERREP" le promouvait il y a plus de 10 ans.
Pour en savoir plus ... Charte d’aménagement de Cergy-Pontoise : un cadre commun pour des villes régénératrices
À partir de fin août2026, les acheteurs publics devront intégrer des considérations environnementales dans la quasi-totalité des marchés publics. Cette évolution réglementaire transforme profondément les conditions d’accès à la commande publique : stratégie bas carbone, engagements RSE, performance environnementale ou encore capacité de décarbonation deviennent désormais des critères d’évaluation à part entière. Pour les entreprises, anticiper ces nouvelles exigences constitue un enjeu de compétitivité majeur.
La commande publique représente un levier stratégique pour accélérer la transition environnementale des territoires et des acteurs économiques. Avec la loi Climat et Résilience, les acheteurs publics doivent désormais intégrer des critères environnementaux dans leurs consultations et leurs conditions d’exécution.
La France a récemment renforcé son arsenal juridique pour intégrer des clauses environnementales dans les marchés publics, s’appuyant sur la loi Climat et Résilience) et les directives européennes, notamment la directive 2014/24/UE. Ces textes imposent désormais aux acheteurs publics d’intégrer des critères environnementaux dans leurs procédures d’achat, que ce soit pour des travaux, des fournitures ou des services. L’objectif est double : réduire l’empreinte carbone des marchés publics et encourager l’innovation verte chez les prestataires. Ces exigences s’inscrivent dans le code de la commande publique, qui précise que les critères de sélection doivent désormais inclure des considérations environnementales, au même titre que les critères économiques et techniques. Ces nouveautés arrivent avec leur lot de questions, notamment sur l’applicabilité ou encore les types de clauses qui peuvent être considérés.
Cette évolution traduit une volonté claire : faire de la performance environnementale un élément structurant des politiques d’achat. Les entreprises répondant aux appels d’offres publics doivent donc être en mesure de démontrer leurs engagements et leur capacité à réduire leurs impacts environnementaux.
L’article 35 de la Loi Climat & Résilience (2021), prévoit qu’à partir du 22 août 2026, tous les marchés publics devront intégrer dans leurs conditions d’exécution au moins une clause environnementale vérifiable. Cette obligation s’applique à l’état, les collectivités territoriales, les établissements publics et les organismes de droit public.
Pour les marchés de travaux par exemple, cette obligation s’étend à tous les projets, quel que soit leur montant, dès lors qu’ils concernent des infrastructures publiques. Les acheteurs publics ont donc l’obligation légale de se conformer à ces règles dès aujourd’hui, sous peine de voir leurs procédures contestées.
L’intégration de clauses environnementales dans les marchés publics ne se limite pas à une approche unique : elles doivent être adaptées à la nature du projet, au secteur d’activité et aux objectifs de décarbonation poursuivis. Ces clauses peuvent être classées en trois grandes catégories (clauses techniques, clauses de performance, et clauses organisationnelles), chacune répondant à des enjeux spécifiques et s’appuyant sur des indicateurs mesurables. Les clauses environnementales peuvent prendre plusieurs formes, selon la nature du marché.
Ces clauses portent directement sur les caractéristiques environnementales des produits, matériaux ou méthodes utilisés. Elles sont particulièrement adaptées aux marchés de travaux, de fournitures ou de services où les choix techniques ont un impact significatif sur les émissions de GES. Nous pouvons citer par exemple qu’une clause peut imposer le recours à un matériaux en particulier au regard de ses faibles émissions de GES, ou disposant de certificats de durabilité par exemple (bois certifié PEFC, FSC). Dans un autre marché de fourniture de matériel informatique, une clause relevant de la faible consommation des équipements pourrait être intégrée. De même, dans un marché de fournitures de bureaux, une clause concernant l’achat de papier incorporant des matières recyclées selon un certain pourcentage pourrait être intégrée.
Contrairement aux clauses techniques qui ciblent des caractéristiques intrinsèques, les clauses de performance fixent des résultats à atteindre, souvent évalués sur la durée. Elles sont idéales pour les marchés où l’impact environnemental dépend de l’usage ou de la gestion d’un process ou projet.
Quelques exemples pour illustrer ce type de clause : pour un marché de prestation de service (comme un audit ou une étude technique par exemple), une clause pourrait exiger que les déplacements réalisés par le prestataire ne dépassent pas un certain seuil d’émission de GES. Cette clause inciterait directement le prestataire à se déplacer en train ou transport en commun pour réaliser sa prestation, et limiterait potentiellement les candidats très éloignés pour cette mission.
Dans d’autres contextes, il pourrait être attendu l’atteinte de réduction de consommations énergétiques ou d’émissions de GES par rapport à une référence donnée, que les candidats devront prouver.
Ces clauses visent à encadrer les méthodes de travail des prestataires, en intégrant des exigences sur leur organisation interne, leur chaîne d’approvisionnement ou leur politique RSE. Elles sont souvent utilisées en complément des clauses techniques ou de performance.
Quelques exemples :
Ces trois types de clauses sont donc à définir et à décliner dans les marchés, pour qu’elles puissent être le plus adaptées possibles
L’intégration de ces clauses représente un défi majeur pour les acheteurs publics, notamment en raison de la complexité technique des critères environnementaux et de leur adaptabilité au contexte et au sujet du marché en question. Les principales contraintes incluent la nécessité d’avoir des connaissances des sujets environnementaux et de leurs liens avec le marché en question, de disposer de données environnementales fiables sur lesquelles s’appuyer pour définir les clauses mais également pour les évaluer à la suite des réponses des candidats, et de savoir évaluer des offres sur des critères parfois qualitatifs et quantitatifs. De plus, les acheteurs doivent veiller à ne pas créer de distorsion de concurrence en imposant des exigences trop strictes ou difficiles à justifier. La charge administrative liée à la vérification du respect de ces clauses peut être importante, notamment pour les petites collectivités.
L’intégration de ces clauses s’accompagne de contraintes juridiques non négligeables. En effet, les clauses environnementales doivent respecter les principes fondamentaux de la commande publique, notamment l’égalité de traitement des candidats, la liberté d’accès à la commande publique et la transparence des procédures. Cela implique une rédaction rigoureuse des clauses, fondée sur des critères objectifs, mesurables et en lien direct avec l’objet du marché. À défaut, le risque contentieux demeure élevé.
La dimension mesurable et du lien direct avec l’objet du marché pourrait être discutable, car il faut s’assurer que la demande de périmètre d’évaluation est clairement définie pour que chaque prestataire réponde au marché selon les mêmes règles. Le périmètre est donc un aspect primordial devant être défini avec rigueur et clarté.
La mise en œuvre effective des clauses environnementales repose sur une articulation fine entre les différents outils juridiques à disposition des acheteurs. Cette opérationnalisation constitue un enjeu central, dans la mesure où elle conditionne la capacité de la norme à produire des effets concrets.
Les spécifications techniques constituent le premier niveau d’intervention. Elles permettent de définir des exigences minimales, qui s’imposent à l’ensemble des candidats. Leur rédaction doit être suffisamment précise pour garantir l’atteinte des objectifs environnementaux, tout en restant ouverte à la concurrence. Le recours à des labels ou à des référentiels techniques peut faciliter cette démarche, à condition de respecter les règles encadrant leur utilisation.
La décarbonation constitue aujourd’hui le cœur technique de l’intégration des clauses environnementales dans les marchés publics. Elle répond à un impératif climatique majeur, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre associées aux activités économiques, et positionne la commande publique comme un levier déterminant de cette transition.
L’un des principaux défis réside dans la mesure de l’empreinte carbone. Celle-ci repose sur des méthodologies d’analyse du cycle de vie, qui permettent d’évaluer les émissions générées à chaque étape, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie du produit ou du service. L’intégration de ces méthodologies dans les marchés publics suppose une maîtrise des outils de calcul, mais également une harmonisation des référentiels afin de garantir la comparabilité des offres et surtout comme on l’évoquait précédemment, le périmètre des calculs de décarbonation.
La réussite de la réforme passera par une sensibilisation et une formation des acheteurs publics pour qu’ils puissent à la fois intégrer des clauses adaptées aux différents types de marché et que les réponses apportées par les candidats puissent être exploitées et analysées, au regard de la demande passée. La compréhension des différents types de clauses, les limites de périmètre d’évaluation ou les pièges à éviter doivent être compris par les acheteurs pour rendre effective cette norme.
L’intégration des clauses environnementales dans les marchés publics, et en particulier le développement des exigences de décarbonation, traduisent une mutation profonde de la commande publique. Celle-ci ne se limite plus à une fonction d’achat, mais devient un instrument stratégique au service des politiques environnementales et de décarbonation.
À terme, la normalisation des clauses environnementales pourrait contribuer à structurer un marché plus durable, en orientant les comportements des acteurs économiques et en favorisant l’émergence de solutions innovantes. Elle constitue ainsi un levier essentiel pour atteindre les objectifs de transition écologique, tout en posant de nouveaux défis qui appellent une expertise approfondie et évolutive.
Les clauses environnementales peuvent prendre différentes formes selon les marchés concernés : engagements de réduction des émissions carbone, gestion des déchets, sobriété énergétique, mobilité durable, économie circulaire ou encore performance environnementale des projets.
Dans ce contexte, les entreprises doivent de plus en plus s’appuyer sur des démarches structurées permettant d’objectiver leurs engagements :
Ces éléments deviennent progressivement des facteurs différenciants dans l’analyse des candidatures et des offres. L’intégration des exigences environnementales dans les marchés publics ne constitue plus uniquement un sujet réglementaire. Elle devient également un enjeu économique et concurrentiel.
Les entreprises capables de démontrer une trajectoire environnementale crédible disposent désormais d’un avantage dans l’accès à la commande publique, notamment dans les secteurs du bâtiment, de l’aménagement, des infrastructures ou des services urbains.
Au-delà de la conformité, ces démarches permettent également d’anticiper les attentes croissantes des donneurs d’ordres publics et privés en matière de transition écologique.
Mobili’Pro est un dispositif d’accompagnement porté par l’ADEME, conçu pour aider les entreprises, établissements publics et privés à optimiser leurs déplacements professionnels et à structurer une démarche de mobilité durable. Cette démarche constitue la base d'un plan de mobilité employeur structuré, conforme aux exigences de la loi LOM.
Il s’adresse à toute structure disposant d’une flotte de véhicules et souhaitant mieux comprendre et piloter ses pratiques de mobilité. La démarche repose sur un diagnostic approfondi, suivi d’un accompagnement progressif et outillé permettant de définir et de mettre en œuvre un plan d’actions sur plusieurs années.
Mobili’Pro permet notamment de :
La démarche s’appuie sur une vision globale des mobilités professionnelles, incluant les déplacements issus du parc de véhicules mais aussi ceux réalisés hors flotte.

La démarche Mobili’Pro s’articule autour de trois grandes familles d’actions :
Ce cadre permet aux structures de prioriser des actions en fonction de leurs enjeux, de leurs contraintes opérationnelles et de leurs objectifs RSE.
L’accès à Mobili’Pro inclut l’accompagnement par un conseiller référencé, formé aux outils et aux méthodes du dispositif. Le rôle du conseiller est de :
L’accompagnement permet de garantir la qualité des données, la pertinence des choix et la montée en compétences des équipes internes. Il est réalisé à distance sur le territoire métropolitain et Outre-mer. Nous avons par exemple accompagné des collectivités et entreprises en Martinique ainsi qu’à la Réunion.
Si toutefois vous souhaitez aller plus loin avec une intervention physique (animation d’atelier, visite de site), nos référents se déplacent aux 4 coins de la France

Chez Vizea, notre accompagnement va au-delà du simple diagnostic des déplacements professionnels. Nous réalisons des plans de mobilité entreprise qui permettent d’analyser la mobilité de manière plus globale, incluant :
Notre méthode repose sur trois étapes complémentaires :
L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la santé et le bien-être des collaborateurs, tout en renforçant l’attractivité et l’image RSE de l’entreprise.
Ainsi, Mobili’Pro et les plans de mobilité Vizea se complètent pour offrir une approche structurée, technique et humaine de la transition des mobilités professionnelles.
Un engagement fort dans le Développement Durable et la recherche à diminuer les couts, sans diminuer la satisfaction des utilisateurs.
Dans un contexte où les ressources sont contraintes, l’accompagnement est clairement aidant pour convaincre les directeurs.
Nous étions déjà au fait, l’appui a permis de convaincre de la mise à disposition de moyen.
Face à l'accélération du dérèglement climatique, les schémas directeurs immobiliers et les schémas pluriannuels de stratégie immobilière ne peuvent plus se construire sur les seules logiques financières et fonctionnelles. Exposition aux risques climatiques, décarbonation du parc, biodiversité, performance énergétique : ces enjeux forment un système interdépendant que les décideurs publics doivent appréhender ensemble, et non plus séparément.
C'est précisément ce que permet le bioclimatisme — non pas comme approche architecturale isolée, mais comme matrice de décision systémique, capable d'articuler ces dimensions dans une logique de cohérence écologique et de performance globale.
Face à l’intensification du dérèglement climatique et à la nécessaire transition vers une économie bas-carbone, la planification immobilière ne peut plus se limiter à des considérations financières et fonctionnelles. L’intégration du bioclimatisme dans les schémas directeurs immobiliers (SDI) et les schémas pluriannuels de stratégie immobilière (SPSI) constitue aujourd’hui un enjeu structurant. Dans cet article, nous vous proposons de revenir sur l’importance d’intégrer les enjeux bioclimatiques de manière systémique pour anticiper les risques actuels et futurs.
En effet, l’évolution rapide des conditions climatiques impose une transformation profonde des cadres de décision en matière immobilière. Les schémas directeurs immobiliers (SDI) et les schémas pluriannuels de stratégie immobilière (SPSI) ne peuvent plus appréhender séparément les enjeux d’exposition climatique, de vulnérabilité des actifs, de décarbonation et de biodiversité. Ces dimensions forment un système interdépendant, au sein duquel chaque choix d’aménagement ou d’investissement produit des effets croisés. Le bioclimatisme apparaît dès lors non comme une simple approche architecturale, mais comme une matrice systémique permettant d’articuler ces enjeux dans une logique de cohérence écologique et de performance globale.
Notre précédent article sur le sujet, que vous pouvez (re) découvrir ici , mettait à juste titre en lumière les obligations réglementaires et la nécessaire intégration des enjeux de transition écologique au sein des schémas directeurs immobiliers.
L’exposition climatique d’un actif immobilier ne constitue pas uniquement une contrainte externe : elle interagit directement avec les caractéristiques physiques du bâtiment et les dynamiques écologiques locales.
Par exemple, un site fortement exposé aux îlots de chaleur urbains verra sa vulnérabilité amplifiée si le bâti présente une faible inertie thermique, une forte imperméabilisation des sols et une absence de couvert végétal. À l’inverse, une conception bioclimatique intégrant orientation, ventilation naturelle et végétalisation peut transformer cette même exposition en ressource partielle, en limitant les besoins énergétiques et en améliorant le confort d’été.
Ainsi, la vulnérabilité ne se réduit pas à une propriété intrinsèque des bâtiments : elle émerge de l’interaction entre exposition climatique, choix constructifs et contexte écologique. Cette approche relationnelle invite à dépasser les analyses statiques pour intégrer des modèles dynamiques, capables de simuler les effets combinés du climat futur, des usages et des transformations du site.
Les stratégies de décarbonation du parc immobilier reposent en grande partie sur la réduction des consommations énergétiques et l’évolution des systèmes énergétiques. Toutefois, ces objectifs ne peuvent être poursuivis indépendamment des logiques d’adaptation au changement climatique. Un bâtiment fortement isolé mais mal ventilé peut, par exemple, réduire ses émissions hivernales tout en aggravant les risques de surchauffe estivale, conduisant à un recours accru à la climatisation et à une augmentation des émissions à moyen terme.
Le bioclimatisme permet de dépasser ces contradictions apparentes en intégrant simultanément les flux énergétiques, les conditions climatiques et les usages. L’optimisation des apports solaires, la gestion des protections thermiques et le recours à des solutions passives contribuent à une décarbonation « robuste », c’est-à-dire compatible avec les conditions climatiques futures.
Dans cette perspective, les choix de matériaux jouent également un rôle clé : les matériaux biosourcés, par exemple, participent à la réduction de l’empreinte carbone tout en offrant des propriétés hygrothermiques favorables à l’adaptation climatique. Ils s’inscrivent ainsi à l’interface entre atténuation et résilience.
L’intégration de la biodiversité dans les stratégies immobilières ne relève pas uniquement d’un objectif de compensation écologique, mais constitue un levier fonctionnel du bioclimatisme. Les écosystèmes urbains influencent directement les microclimats, en régulant les températures, en favorisant l’infiltration des eaux et en améliorant la qualité de l’air.
La présence de surfaces végétalisées, de sols perméables et de continuités écologiques contribue à atténuer les effets des vagues de chaleur et des précipitations extrêmes, réduisant ainsi la vulnérabilité des actifs immobiliers. En retour, ces aménagements peuvent diminuer les besoins énergétiques liés au refroidissement, participant indirectement aux objectifs de décarbonation.
Cette interdépendance souligne que la biodiversité ne doit pas être pensée comme un élément périphérique des SDI/SPSI, mais comme une composante structurante des choix d’implantation, de densification et de rénovation.
L’intégration conjointe de ces enjeux dans les stratégies immobilières implique toutefois de repenser les arbitrages à l’aune de temporalités longues. Un investissement initial plus élevé dans des solutions bioclimatiques peut générer des bénéfices cumulatifs en matière de réduction des coûts énergétiques, de limitation des risques climatiques et de valorisation patrimoniale.
Cependant, ces bénéfices ne sont pleinement visibles qu’à condition d’adopter une approche multicritère et prospective. Les outils de modélisation (climatique, énergétique, écologique) deviennent indispensables pour éclairer les décisions, en permettant d’évaluer les trajectoires possibles des actifs immobiliers dans différents scénarios climatiques.
Dans ce cadre, le bioclimatisme agit comme un principe d’intégration : il permet de relier des indicateurs hétérogènes (émissions de CO₂, degrés-heures d’inconfort, capacité d’infiltration des sols, indices de biodiversité) au sein d’une même logique de conception et de gestion.
La mise en œuvre opérationnelle de cette approche systémique suppose une évolution des modes de gouvernance. Les décisions immobilières doivent mobiliser des compétences pluridisciplinaires, à l’interface entre ingénierie, écologie, climatologie et économie.
L’intégration du bioclimatisme dans les SDI et SPSI nécessite également de décloisonner les échelles d’intervention : le bâtiment ne peut être pensé indépendamment de son îlot, de son quartier et de son territoire. Les interactions entre ces échelles conditionnent en effet la performance globale des stratégies mises en œuvre.
Enfin, la prise en compte conjointe de l’exposition climatique, de la vulnérabilité, de la décarbonation et de la biodiversité invite à développer des référentiels communs et des indicateurs partagés, afin de faciliter la comparaison des options et le suivi des trajectoires.
En intégrant de manière indissociable les dimensions climatiques, énergétiques et écologiques, le bioclimatisme offre un cadre conceptuel et opérationnel pour transformer en profondeur les stratégies immobilières. Il ne s’agit plus seulement de réduire les impacts environnementaux du bâti, mais de concevoir des systèmes immobiliers capables d’interagir de manière adaptative avec leur environnement. Dans un contexte d’incertitude climatique croissante, cette approche intégrée constitue un levier essentiel pour concilier résilience, sobriété carbone et régénération écologique.
Vizea place la transition écologique au cœur de l’élaboration d’un SDI ou d’un SPSI. Pour un opérateur public, un SPSI n’est pas seulement un outil de pilotage patrimonial : c’est une opportunité stratégique pour aligner les trajectoires immobilières avec les grandes exigences environnementales nationales.
À travers nos accompagnements, nous intégrons systématiquement l’ensemble des réglementations récentes pour construire une stratégie immobilière qui répond réellement aux ambitions environnementales fixées par l’État.
Le SPSI impose aux opérateurs de l’État de contribuer aux objectifs fixés par les politiques nationales (loi climat et résilience de 2021, décret tertiaire, SNBC, etc). Notre rôle est d’aider l’opérateur à comprendre comment ces réglementations s’appliquent à son parc, quel niveau d’effort est requis et quels scénarios immobiliers permettent de s’y conformer durablement.
Chez Vizea, nous intégrons la transition écologique dès les premières étapes du diagnostic. Cela se traduit par :
Cette lecture environnementale permet ainsi de déterminer les implantations à privilégier en termes de rénovation, de relocalisation ou de cession. Dans cette phase, Vizea aide le responsable du patrimoine à :
L’aménagement des territoires, des villes et des quartiers doit prendre en compte les objectifs de décarbonation de la mobilité quotidienne de leurs habitants. Mais comment mesurer l’effort à fournir quand il s’agit d’aménagements à long terme et d’un sujet multifactoriel complexe ?
En 2025, le secteur des transports en France reste le premier contributeur aux émissions nationales de gaz à effet de serre (GES), représentant environ 34 % du total, soit 126,8 millions de tonnes équivalent CO₂.
Malgré une légère baisse des émissions depuis 2019, cette diminution reste insuffisante au regard des objectifs climatiques nationaux. Le transport routier, à lui seul, est responsable de 94 % des émissions du secteur, avec une prédominance des voitures particulières et des poids lourds.
Les français continuent donc de largement se déplacer, notamment pour des déplacements domicile-travail avec leur voiture, encore trop souvent pour des petites distances.
Le secteur des transports fait donc l’objet d’objectifs de réduction des émissions de GES et de développement d’infrastructures pour déployer à grande échelle les transports en commun et les mobilités actives (vélo notamment). Le graphique suivant détaille la répartition des émissions de GES en France en 2023 par secteur.

La stratégie nationale bas carbone (SNBC), mise à jour en décembre 2025 avec sa troisième édition (SNBC 3), constitue la feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Elle fixe des objectifs ambitieux de réduction des émissions de GES, avec un objectif révisé de -50 % entre 1990 et 2030, contre -40 % précédemment. La SNBC 3 ajuste les budgets carbone pour les périodes 2024-2028, 2029-2033 et 2034-2038, en cohérence avec cette nouvelle ambition climatique pour chaque secteur.
Cette stratégie mobilise l’ensemble des secteurs émetteurs, dont les transports, pour opérer une transition vers une économie bas-carbone, circulaire et durable. Elle s’appuie sur des leviers variés et notamment : la décarbonation de l’énergie, les reports modaux via un déploiement d’infrastructures de transport collectif, l’électrification des véhicules (véhicule particulier, transports en commun, poids lourds, etc…).
Si des objectifs de décarbonation sont donc identifiés à l’échelle nationale, ils sont ensuite traduits à l’échelle des territoires et notamment celui des communes ou intercommunalités, sans pour autant qu’ils soient réellement mis en avant et opérationnalisés sur les projets d’aménagement notamment.
Au regard des objectifs ambitieux de cette stratégie, il est à se demander comment les acteurs de l’aménagement prennent en considération les leviers à actionner et ce que cela représente vraiment pour leurs territoires et pour les choix d’aménagement à réaliser.
Les projets d’aménagement (qu’il s’agisse de nouveaux quartiers ou bien de quartiers en renouvellement urbain) doivent généralement évaluer les émissions de GES (dans le cadre d’étude environnementale d’impact) qu’ils engendrent, à la fois pendant la phase de travaux mais également pendant toute la durée de vie du quartier, de manière à réellement prendre en compte les évolutions d’usage.
Si ce cadre réglementaire oblige à analyser les émissions de la mobilité à l’échelle d’un quartier, les concepteurs des aménagements doivent se poser la question de comment diminuer la place de la voiture et massifier l’usage du vélo pour se déplacer (ainsi qu’implanter des transports en commun performants et de qualité).
Les collectivités, élus, aménageurs, urbanistes représentent donc les acteurs principaux qui ont la majorité des leviers de décarbonation en main, et ils se doivent de les actionner. Mais pour les actionner, encore faut-il en avoir connaissance et comprendre la teneur des enjeux et efforts à fournir.
Pour sensibiliser les collectivités et aménageurs sur les enjeux et leviers de décarbonation à l’échelle des quartiers, nous développons une approche prospective ayant pour but de mesurer les ordres de grandeur derrière plusieurs leviers tels que :
Ces leviers, simulés séparément ou conjointement, et évalués à l’échelle d’un quartier via des données de déplacements issues notamment des enquêtes mobilité certifiées Cerema (EMC2) permettent d’identifier dans quelles mesures ils doivent être actionnés aux divers horizons pour s’inscrire à minima dans les objectifs de décarbonation de la SNBC. Aussi, ils permettent de se focaliser « seulement » sur les leviers des collectivités et des aménageurs qui n’ont pas la main sur les motorisations des véhicules par exemple.
Si cette approche, à partir de données de déplacements domicile-travail à l’échelle d’un quartier pose question car elles ne permettent pas d’assurer une représentation homogène de l’ensemble des déplacements réalisés par les usagers, elle permet toutefois de mesurer via des ordres de grandeur les efforts à fournir de décarbonation.
Ainsi, il est intéressant de pouvoir identifier aux horizons 2030, 2040, ou 2050 comment la combinaison de ces différents paramètres joue sur la décarbonation et pour mettre notamment en avant l’impact non négligeable du report modal permis par les aménagements du quartier.
Le réemploi et le recyclage des matériaux constituent une piste incontournable pour réduire l’empreinte carbone des aménagements. Le réemploi, qui consiste à utiliser des matériaux existants sans transformation (pavés, bornes, mobilier urbain), évite les émissions liées à la production de nouveaux produits notamment, parfois pour du réemploi réalisé in-situ, il permet aussi d’éviter des émissions de GES associées aux transports de ces matériaux. Par exemple, réutiliser des pavés en pierre naturelle issus de déconstruction permet d’économiser jusqu’à 90 % des émissions par rapport à la production de pavés neufs.
Le recyclage, quant à lui, transforme les déchets en nouvelles ressources : les granulats recyclés, issus de la déconstruction de bâtiments ou de chaussées, peuvent remplacer jusqu’à 30 % des granulats naturels dans les enrobés, réduisant ainsi l’extraction de matières premières et les émissions associées. Des initiatives comme les plateformes de réemploi ou les filières de recyclage local se multiplient, mais leur généralisation suppose une meilleure traçabilité des matériaux et une collaboration renforcée entre l’ensemble des acteurs de l’aménagement et demande également une forte anticipation des sujets lors de la conception des projets.

La simulation de différents scénarios permet également de faire varier des hypothèses plus ou moins favorables sur le report modal, notamment l’augmentation de la part de déplacements domicile-travail réalisés à vélo ou encore le développement des transports en commun.
A ce jour, il reste complexe de corréler directement des aménagements urbains à l’échelle d’un quartier à une baisse ou augmentation d’une part modale d’un mode de transport. Nous aimerions pouvoir dire que l’aménagement de 5 km de piste cyclable dans un quartier précis permettrait de réduire de x% les déplacements en voiture, mais le calcul et la connaissance des liens de cause à effet ne sont pas aussi évidents.
Les causes sont multiples :
Pour autant, nous croyons qu’évoquer ces parts modales, et surtout le gap nécessaire à franchir en termes d’évolution en réunion de conception avec les collectivités, et élus permet de leur faire prendre conscience que des aménagements de rupture doivent être considérés, et que la programmation d’un quartier (soit l’accessibilité à l’ensemble des services nécessaires au quotidien soit garantie) soit vue comme un levier de mobilité. Ajouter quelques marquages cyclables et des arceaux de stationnement ne suffiront pas à faire évoluer les pratiques, mais bien une réflexion de fond sur l’ensemble des causes régissant les choix de mobilité.

Dès qu’il s’agit d’établir une démarche prospective à horizons lointains sur des données de mobilité malléables, les incertitudes se multiplient rapidement. Connaitre finement comment se déplacent les habitants d’un quartier à la fois pour aller travailler, pour les loisirs, ou comment viennent les personnes extérieures dans ce quartier relèvent d’études complexes et coûteuses. Il y a donc un certain nombre de postulats à poser de manière à pouvoir comparer des données qui peuvent l’être et acceptant de ne pas regarder les résultats très précisément mais d’analyser les tendances et les ordres de grandeur.
Cette démarche sert avant tout de support de réflexion aux enjeux globaux de la mobilité et des liens tisser avec la programmation notamment, avant de répondre précisément à la question des émissions générées précisément aux différents horizons d’analyse.
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