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La biodiversité s'impose désormais comme un critère à part entière dans l'évaluation des projets immobiliers et d'aménagement, au même titre que la performance énergétique ou carbone. Pour répondre à cet enjeu, Anaëlle Grébert, au sein de Vizea, vient d'obtenir la qualification Biodiversity Partner Effinature sur les référentiels Nouvelle Construction et Évolution (BP-NCOEVO). Une nouvelle corde à l'arc de Vizea pour accompagner ses clients vers des projets qui intègrent réellement le vivant.
Effinature est une certification française dédiée à la biodiversité dans les projets de construction, de rénovation et d'aménagement. Elle est délivrée par l'IRICE (Institut de Recherche et d'Innovation pour le Climat et l'Écologie), organisme accrédité Cofrac, ce qui garantit l'indépendance et la rigueur méthodologique de l'évaluation.
Contrairement à des démarches plus globales comme la HQE, Effinature est une certification monocritère : elle se concentre exclusivement sur la biodiversité, ce qui lui permet d'aller beaucoup plus loin sur ce sujet spécifique. Elle s'articule autour de plusieurs familles d'actions complémentaires :
La certification couvre trois standards distincts, adaptés à la nature de chaque opération : NCO pour les projets de construction neuve, EVO pour les projets de réhabilitation, et HOR pour les projets d’aménagements du territoire. Un volet HVE (Haute Valeur Environnementale) peut également venir compléter l'évaluation en phase exploitation pour les démarches les plus ambitieuses.
Pour porter une démarche de certification Effinature, les maîtres d'ouvrage doivent s'appuyer sur un Biodiversity Partner : un professionnel qualifié par l'IRICE, capable d'analyser les exigences du référentiel, de construire des preuves recevables et auditables, et d'accompagner le projet de la conception jusqu'à la livraison.
En obtenant sa qualification BP-NCOEVO, Anaëlle Grébert a suivi un parcours de formation dédié, structuré autour de la compréhension des référentiels NCO et EVO, de l'intégration de la biodiversité dans le cycle de vie d'un projet, et de la production de dossiers de preuves conformes aux exigences de l'audit. Cette qualification est individuelle, nominative, et référencée dans le registre public des Biodiversity Partners.
Intégrer un Biodiversity Partner qualifié dès les premières phases d'un projet permet de sécuriser l'atteinte des objectifs de certification, plutôt que de tenter de rattraper des exigences biodiversité une fois le projet amorcé. Pour les porteurs de projets, les bénéfices sont multiples :
Avec cette nouvelle qualification, Vizea complète son offre d'accompagnement sur les transitions environnementales et propose désormais à ses clients un appui dédié pour intégrer la biodiversité dans leurs projets de construction, de rénovation ou d'aménagement, de la phase de conception jusqu'à la certification finale.
Vous portez un projet immobilier ou d'aménagement et souhaitez en savoir plus sur la démarche Effinature ? Notre équipe est à votre disposition pour échanger sur vos enjeux et étudier la pertinence d'une certification biodiversité pour votre projet. Décrivez-nous votre projet et nos experts reviendront vers vous sous 48 heures.
La nouvelle mandature municipale s’ouvre dans un contexte réglementaire changeant en matière d’environnement, et qui demande plus que jamais des arbitrages forts.
Depuis plusieurs mois, un mot revient partout : simplification. Simplification du droit de l’urbanisme, des procédures environnementales, du reporting ESG, des contraintes administratives…
L’objectif affiché est clair : accélérer les projets, construire plus vite, alléger la charge des entreprises et des collectivités. Mais derrière cette dynamique, une question émerge : simplifier… jusqu’où ? Et à quel prix pour l’environnement et le climat ?
On peut ainsi citer plusieurs signaux qui montrent un changement d’équilibre entre transition écologique et impératifs économiques, et qui risquent d’augmenter certains risques environnementaux voire de peser sur la santé des Français :
En premier lieu, l’assouplissement du ZAN, avec la proposition de loi TRACE qui doit être débattue par l’Assemblée nationale et qui vise à diminuer les ambitions en matière de sobriété foncière, pourtant nécessaire pour concilier souveraineté alimentaire, séquestration du carbone, préservation de la biodiversité ou encore lutte contre le risque inondation.
En outre, la contestation des ZFE, finalement maintenues fin mai par le Conseil constitutionnel : si le dispositif doit encore être amélioré, en particulier pour aider les plus précaires à changer plus facilement de véhicule, elle a d’ores et déjà montré son efficacité sur la qualité de l’air et donc sur la santé dans les grandes métropoles.
Plus largement, la réduction de certaines obligations environnementales et l'accélération des procédures qui affaiblissent les garde-fous face à des enjeux environnementaux de long terme : on peut citer deux exemples ici : d’une part, l’allègement de certaines évaluations environnementales dans les PLU depuis fin 2025. Ainsi, une accumulation de « petites modifications » exemptées d’évaluation pourrait avoir in fine des effets significatifs sur l’artificialisation des sols ou la biodiversité. D’autre part, la réduction de la concertation publique sur certains projets industriels justifiée par la volonté d’accélérer la réindustrialisation du pays : le risque est de mener à plus de contestation et de contentieux sur certains projets, par manque d’information et de consultation du public en amont.
Le risque n’est pas seulement réglementaire. Il est aussi territorial et démocratique. Car les normes environnementales sont souvent perçues comme des freins… jusqu’au moment où les territoires doivent gérer les conséquences très concrètes : canicules, artificialisation, tensions sur l’eau, qualité de l’air, vulnérabilité énergétique…
La simplification est nécessaire. Mais elle ne peut devenir synonyme de recul écologique. L’enjeu aujourd’hui est probablement moins de “faire moins de règles” que de construire des règles plus lisibles, plus stables et plus applicables localement.
Dans ce contexte, et suite aux élections municipales, beaucoup de communes entrent dans une phase charnière.
En effet, en plus d’un cadre réglementaire en évolution, le contexte a profondément changé depuis 2020 et la crise Covid : inflation, tensions budgétaires, crises énergétiques liées aux tensions géopolitiques, pression sur le logement, plusieurs événements climatiques extrêmes (canicules successives, inondations…). Ce qui génère par ailleurs des attentes citoyennes plus fortes.
Dans le même temps donc, plusieurs réformes récentes assouplissent certaines règles : évolutions autour du ZAN, simplification du droit de l’urbanisme, débats sur les ZFE…
Pour les élus et les territoires, une nouvelle équation apparaît : comment continuer à transformer les territoires, répondre à une demande croissante de pragmatisme et de résultats rapides, tout en tenant compte des enjeux climatiques qui sont de plus en plus visibles ?
Les prochains mandats devront ainsi arbitrer entre :
Les collectivités et en particulier les communes et intercommunalités restent en première ligne. Ce sont elles qui traduisent concrètement les politiques publiques dans le quotidien des habitants.
Et dans ce nouveau cycle municipal, la capacité à articuler aménagement, climat et qualité de vie pourrait devenir un marqueur fort des politiques locales.
Chaque cycle municipal est l'occasion de redéfinir les priorités du territoire. Mais entre transition écologique, adaptation climatique, sobriété foncière, énergie ou encore contraintes budgétaires, les sujets à traiter sont nombreux.
Une question revient alors souvent : quelles actions prioriser pour le mandat ?
Avant de lancer de nouvelles démarches, il est utile de disposer d'une vision claire :
L'enjeu n'est pas seulement de définir une ambition, mais de construire une feuille de route réaliste, adaptée aux enjeux du territoire et aux capacités de la collectivité. Dans un contexte en constante évolution, anticiper, planifier et prioriser devient un véritable levier d'action pour les collectivités.
À l’occasion du 41ᵉ Congrès national de la FNADEPA, Vizea est intervenu sur un sujet désormais central pour les établissements et services accompagnant les personnes âgées : comment faire de la transition écologique non pas une contrainte supplémentaire, mais un levier de continuité d’activité, de maîtrise des charges, de qualité d’accueil et de résilience ?
Le secteur du grand âge est directement exposé aux effets du changement climatique. Les vagues de chaleur, les tensions sur l’eau, l’augmentation des coûts énergétiques, l’évolution des obligations réglementaires et les attentes croissantes des financeurs transforment progressivement les conditions de gestion des établissements. Le sujet n’est donc plus seulement environnemental. Il devient patrimonial, financier, sanitaire, social et managérial.
Pendant longtemps, la transition écologique a pu être perçue comme un sujet périphérique : une démarche volontaire, un engagement RSE, parfois un ensemble d’écogestes ou de projets ponctuels. Cette lecture n’est plus suffisante.
Dans un EHPAD, une résidence autonomie ou un service d’aide à domicile, les conséquences du changement climatique se traduisent très concrètement : température dans les chambres, inconfort d’été, besoin de rafraîchissement, consommation d’eau, continuité énergétique, sécurité des approvisionnements, organisation du travail, fatigue des équipes, qualité de vie des résidents et capacité à maintenir l’activité en période de crise.
La canicule est à cet égard un révélateur puissant. Elle ne teste pas seulement le confort du bâtiment ; elle teste l’organisation, la maintenance, la capacité d’alerte, le plan de continuité, la coordination avec les équipes, les familles et les partenaires. Elle met aussi en évidence les limites d’un patrimoine souvent hétérogène, parfois ancien, parfois rénové sans prise en compte suffisante du confort d’été.
La transition écologique rejoint donc pleinement la gestion des risques. Elle concerne la protection des résidents, la santé des professionnels, la maîtrise des coûts d’exploitation, la conformité réglementaire et la pérennité du modèle d’accompagnement.

Le secteur de l’autonomie ne part pas d’une page blanche. Il est déjà fortement mobilisé, sous contrainte budgétaire, avec des tensions RH importantes et des marges de manœuvre variables selon les structures.
Il n’existe pas une trajectoire unique du grand âge. Les leviers ne sont pas les mêmes selon que l’on soit un établissement public autonome, une résidence autonomie communale, un EHPAD associatif, un groupe privé, un acteur mutualiste, un service d’aide à domicile, un gestionnaire propriétaire de son patrimoine ou une structure locataire d’un bâtiment porté par un bailleur.
Cette diversité est déterminante. Qui possède le bâtiment ? Qui paie l’énergie ? Qui déclare les consommations ? Qui investit ? Qui récupère les économies ? Qui porte le risque technique ? Qui finance le reste à charge ? Ces questions sont souvent aussi importantes que le choix d’une solution technique.
Autrement dit, la transition écologique est fréquemment un sujet de gouvernance avant d’être un sujet d’ingénierie. Un projet peut être pertinent sur le plan énergétique, mais difficile à concrétiser si le montage patrimonial, financier et décisionnel n’est pas clarifié. 
Les travaux du Shift Project ont permis de poser un ordre de grandeur majeur : le secteur de l’autonomie représente environ 10 millions de tonnes de CO₂ équivalent par an, soit près de 1,5 % des émissions nationales. Les principaux postes concernent les déplacements, l’alimentation, l’énergie des bâtiments, les travaux, les soins, les achats, le linge et les déchets.
Ces données sont indispensables. Elles donnent le cadre et rappellent que le secteur a un rôle à jouer dans la trajectoire nationale de décarbonation. Mais pour une direction d’établissement, le carbone n’est qu’une partie de l’équation. Le pilotage opérationnel impose d’ajouter d’autres critères : le confort d’été, la vulnérabilité des résidents, la facture énergétique, les besoins de maintenance, les contraintes d’exploitation, les obligations réglementaires, la disponibilité des financements, la capacité à embarquer les équipes et la faisabilité réelle des actions.
Un établissement n’a pas besoin d’une liste théorique de cinquante leviers. Il a besoin d’une feuille de route hiérarchisée, adaptée à son patrimoine, à son territoire, à ses moyens et à son niveau de maturité.
Le cadre réglementaire évolue rapidement. Certaines obligations sont déjà en place : décret tertiaire pour les bâtiments concernés, remontée des consommations sur OPERAT, pilotage énergétique, tri des déchets selon les flux applicables, tri à la source des biodéchets, exigences liées à la restauration collective, prévention des risques professionnels, gestion de crise et continuité d’activité.
D’autres sujets montent en puissance : confort d’été, adaptation au changement climatique, trajectoires carbone, achats responsables, reporting de durabilité pour les structures directement concernées ou indirectement sollicitées par leur groupe, leurs financeurs, leurs partenaires ou leurs donneurs d’ordre.
La transition écologique n’est donc pas seulement portée par la loi. Elle l’est aussi par les appels à projets, les CPOM, les financeurs, les banques, les bailleurs, les collectivités, les assureurs, les familles, les salariés et les futurs professionnels.
Ce qui est volontaire aujourd’hui peut devenir exigible demain. L’enjeu est d’éviter de devoir produire dans l’urgence des données, des indicateurs ou une trajectoire qui n’auraient jamais été structurés en amont.
La première étape consiste à objectiver la situation. Mesurer ne doit pas être compris comme une exigence administrative supplémentaire. C’est un outil de décision.

Mesurer les consommations d’énergie et d’eau, les températures intérieures, les coûts d’exploitation, les émissions carbone, les fragilités du bâtiment, les usages, les contrats, les risques et les irritants du quotidien permet de sortir des impressions générales. Cela permet d’identifier ce qui relève d’une action rapide, d’une maintenance renforcée, d’un changement d’usage, d’un investissement ciblé ou d’une restructuration patrimoniale plus lourde.
La deuxième étape consiste à prioriser. Toutes les actions ne se valent pas. Certaines sont faciles à engager et peuvent produire des gains rapides : réglages, suivi des consommations, sobriété énergétique, maintenance, gestion des ouvrants et protections solaires, sensibilisation des équipes, ajustement des contrats, réduction des gaspillages, achats mieux cadrés. D’autres sont plus structurantes : rénovation thermique, végétalisation et désimperméabilisation des abords, amélioration du confort d’été passif, remplacement des systèmes énergétiques, pilotage technique du bâtiment, sécurisation des approvisionnements, adaptation des espaces extérieurs.
La troisième étape est financière. Une action devient un projet lorsqu’elle est techniquement justifiée, économiquement argumentée et finançable. Cela suppose de clarifier le portage, le reste à charge, les économies attendues, les bénéfices sanitaires ou sociaux, les cofinancements mobilisables et le niveau d’ingénierie nécessaire. ARS, CNSA, ADEME, CEE, ACTEE, Fonds vert, agences de l’eau, régions, départements, Banque des Territoires, Assurance Maladie, CARSAT, OPCO Santé, ANFH : les guichets existent, mais ils nécessitent une stratégie de montage et des preuves solides.
La quatrième étape est managériale. Une trajectoire écologique ne peut pas reposer uniquement sur la direction. Elle doit embarquer les équipes, les résidents, les familles, les représentants du personnel, les administrateurs, les services techniques, les prestataires, le bailleur ou la collectivité propriétaire. La transition écologique devient alors un projet d’établissement : elle relie qualité d’accueil, QVCT, attractivité, sobriété, santé environnementale et maîtrise des charges.
La transition écologique ne doit pas être abordée comme une injonction supplémentaire adressée à des directions déjà fortement sollicitées. Elle doit être structurée comme une démarche de pilotage : comprendre ses risques, mesurer ses vulnérabilités, prioriser ses actions, sécuriser ses financements et engager ses parties prenantes.
Pour les établissements du grand âge, les bénéfices sont multiples : réduction des consommations, maîtrise des charges, amélioration du confort, meilleure capacité à traverser les épisodes de chaleur, attractivité renforcée, dialogue facilité avec les financeurs, valorisation de l’image de l’établissement et contribution concrète à la qualité d’accompagnement.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut agir. Elle est de savoir par quoi commencer, avec qui, selon quelle trajectoire et avec quels moyens.

Vizea accompagne les acteurs publics, privés et associatifs dans la construction de stratégies de transition écologique opérationnelles : diagnostics énergie-carbone, adaptation au changement climatique, confort d’été, trajectoires patrimoniales, feuilles de route RSE, montage de plans d’actions, recherche de financements, accompagnement au changement, temps de sensibilisation et mobilisation des équipes. Dans le secteur du grand âge, l’enjeu est clair : transformer un sujet perçu comme complexe en feuille de route lisible, finançable et pilotable.
Pour plus d’informations : contacter Jonathan COULET :
Il y a une phrase dans la charte d'aménagement de Cergy-Pontoise qui dit tout : "Pour des villes régénératrices." Pas durables. Pas résilientes. Régénératrices. Un mot qui, en apparence, ne change pas grand-chose. En pratique, il change tout. Vizea accompagne la Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise depuis 2021 dans l'élaboration de cette charte.
Cergy-Pontoise ne ressemble à aucun autre territoire francilien. Née en 1969 d'un projet délibérément ambitieux — créer une ville nouvelle, différente, où la nature et l'emploi coexistent à portée de main des habitants — elle a toujours porté en elle quelque chose de l'ordre de l'expérimentation urbaine.
Aujourd'hui, l'agglomération regroupe 212 801 habitants répartis sur 13 communes, 8 420 hectares de territoire dont 44 % d'espaces naturels et agricoles, 90 000 emplois, 30 000 étudiants. Elle est labellisée "Capitale de la biodiversité" par le programme 2 Libellules, engagée dans le programme TETE de l'ADEME, et affiche un niveau d'émissions carbone inférieur à la moyenne francilienne. Sur le papier, un territoire qui a déjà beaucoup fait.
Mais Cergy-Pontoise construit aussi. Beaucoup. Environ 1 170 logements par an, 15 zones d'aménagement concertées ouvertes, plus de 135 permis de construire annuels. Et c'est précisément là que se pose la vraie question : comment maintenir cette dynamique de développement sans sacrifier ce qui fait l'identité et l'attractivité du territoire ?
La réponse de l'agglomération a été claire : se doter d'une charte d'aménagement qui inscrive des exigences régénératives dans chaque projet, dès sa conception, pour les cinquante années à venir.
Pour comprendre ce que cette charte représente, il faut d'abord accepter un constat inconfortable.
L'aménagement durable — celui que nous pratiquons et promouvons depuis des années — repose sur une logique de réduction. Réduire les émissions carbone, réduire la consommation énergétique, réduire l'imperméabilisation des sols, réduire la dépendance à la voiture. C'est le paradigme du "Mieux" voire du "moins mal". Et ce paradigme a produit des résultats réels, mesurables, importants.
Mais il a une limite fondamentale : il ne répare pas. Il ralentit la dégradation, il ne régénère pas (toujours) ce qui a été abîmé.
La preuve la plus concrète de cette limite ? L'évolution du débat professionnel lui-même. Il y a dix ans, les discussions tournaient quasi exclusivement autour de la réduction des émissions. Aujourd'hui, elles portent autant — parfois davantage — sur l'adaptation. On construit des îlots de fraîcheur parce que les canicules sont là. On repense les réseaux d'eau parce que les sécheresses s'installent. On végétalise en urgence parce que les villes surchauffent.
Ce glissement du vocabulaire dit quelque chose d'essentiel : nous avons trop attendu pour réduire, et nous devons maintenant aussi réparer. La ville régénérative est une réponse à ce double impératif.
Elle ne cherche pas seulement à produire moins d'impact négatif. Elle cherche à produire un impact positif net — restaurer les sols, reconstituer des cycles naturels, améliorer activement la qualité de vie des habitants et nourrir la biodiversité. Elle ne minimise pas ce qu'elle prend. Elle maximise ce qu'elle rend.
La charte d'aménagement de Cergy-Pontoise traduit cette ambition en trois principes et treize engagements concrets. Mais derrière la structure technique, ce sont avant tout trois paris politiques.
Les leitmotivs sont clairs :
La charte engage les opérateurs à transformer leurs toitures en espaces actifs : production d'énergie, agriculture urbaine, biodiversité, lieux de vie. Niveau exemplaire : 100 % de la surface des toits multifonctionnelle. Ce n'est pas de la performance technique. C'est une façon de dire que chaque mètre carré compte, et que rien ne se gaspille.
Pas la nature comme décoration, comme "espace vert" coché dans un programme. La nature comme composante structurante de chaque décision d'aménagement. La charte l'exprime clairement : l'ambition est de passer d'une ville durable à une ville régénérative — c'est-à-dire d'une ville qui préserve à une ville qui produit du vivant.
Chaque projet doit intégrer des aménagements favorables à la faune locale. Non pas un nichoir symbolique, mais, au niveau exemplaire, un écosystème urbain fonctionnel combinant gîtes, toitures végétalisées, noues, mares et corridors écologiques. Sur la question de l'eau, même logique : récupérer systématiquement les eaux pluviales — d'abord pour les parties communes, puis les parties privatives, puis les eaux grises. Reconstruire, pas seulement gérer.
C'est peut-être le plus difficile à faire entendre dans les négociations avec les opérateurs. La charte l'affirme pourtant avec force : des logements bien conçus, bien ventilés, avec de vrais espaces extérieurs, ne coûtent pas plus cher à vivre. Ils coûtent moins cher à la santé publique.
La charte a été co-construite en plusieurs étapes :
Cette double clé de lecture, à la fois politique et technique, permet à chaque acteur de trouver dans la charte un cadre commun, tout en favorisant l’innovation et l’adaptation des dispositifs aux réalités locales.
Parmi les dix marqueurs du changement définis par la charte, deux illustrent particulièrement bien ce basculement de logique.
Dans la pratique habituelle de l'aménagement, l'arbre est un obstacle. On le déplace, on le compense, on applique des ratios réglementaires.
La charte inverse cette logique : au niveau exemplaire, tous les arbres adultes sont systématiquement conservés. Pour chaque arbre abattu, trois nouveaux sont plantés. L'arbre n'est plus une contrainte à gérer. Il devient un élément structurant qui organise le projet autour de lui. Ce renversement change tout dans la façon de concevoir un programme.
La charte exige une profondeur minimale de 1,50 mètre pour les balcons et terrasses. Un chiffre technique, en apparence. Mais ce chiffre dit quelque chose d'essentiel : un espace extérieur de 80 centimètres, c'est un couloir. On y passe, on n'y vit pas. Un espace de 1,50 mètre, c'est une table, une chaise, des plantes, un enfant qui joue. C'est la différence entre un logement qu'on subit et un logement qu'on habite.
Et un logement qu'on habite vraiment, c'est moins de stress, moins de pathologies liées au confinement, une meilleure santé mentale. L'aménagement produit de la santé, ou il en détruit.
C'est l'une des singularités les plus fortes de la démarche de Cergy-Pontoise : avoir placé la santé — au sens large — au cœur de tout. Pas comme un chapitre parmi d'autres. Comme la raison d'être de l'aménagement.
L'approche retenue est celle de la "Une Seule Santé" : santé humaine, santé animale et santé environnementale sont indissociables. Un sol vivant, de l'air pur, des espaces verts accessibles, une biodiversité urbaine qui régule naturellement les nuisibles : tout cela produit de la santé, concrètement, mesurable.
Les données disponibles pour des territoires comparables à Cergy sont frappantes. Si tous les quartiers étaient aussi végétalisés que les plus verts du territoire, près de 300 décès supplémentaires pourraient être évités chaque année. Dix minutes de marche quotidienne en plus : 150 décès évités. Une exposition aux particules fines ramenée sous les seuils OMS : 310 décès évités.
Ces chiffres ne sont pas des arguments théoriques. Ce sont des arguments politiques, opérationnels, budgétaires. Ils changent la façon de présenter un projet à un élu qui n'est pas convaincu par les enjeux environnementaux mais qui l'est immédiatement par la santé publique.
Une charte, aussi bien conçue soit-elle, reste fragile tant qu'elle ne s'appuie pas sur des documents réglementaires. C'est pourquoi l'un des engagements structurants de la démarche Cergy-Pontoise est l'intégration de ses principes dans les Plans Locaux d'Urbanisme des 13 communes.
Le PLU est le vocabulaire commun de tous les acteurs de la ville. Le seul document que tout le monde doit respecter. Quand une obligation de pleine terre minimale, une règle de conservation des arbres ou une exigence de toiture végétalisée y est inscrite, on ne fait plus de la sensibilisation. On fait de la ville.
Le PLU offre aussi ce qu'aucune charte ne peut garantir seule : une visibilité long terme. Un projet d'aménagement se conçoit sur cinq ans, se réalise sur dix, et impacte les cinquante années suivantes. Les opérateurs ont besoin de savoir que les exigences ne changeront pas au gré des mandats. Cette certitude réglementaire leur permet d'anticiper, d'innover, d'investir en cohérence avec les ambitions du territoire.
Chez Vizea, nous avons une conviction simple : on ne peut pas demander aux collectivités et aux opérateurs d'aller vers l'exemplaire si on reste soi-même au minimum.
C'est pourquoi, lors de la rénovation et l'extension de nos propres locaux, nous avons fait les mêmes choix que ceux que nous préconisons. Isolation biosourcée en fibres de bois, chaudière à bois, électricité Enercoop, récupération des eaux pluviales pour les toilettes, toiture végétalisée, jardin intérieur recréé.
Pas de la communication — de la cohérence. Et la meilleure façon pour nos équipes de comprendre concrètement ce que vivent nos clients : les arbitrages techniques, les contraintes de chantier, les coûts réels et les bénéfices tangibles d'un engagement régénératif.
La ville régénérative n'est pas réservée aux territoires favorisés ou aux projets vitrines. Cergy-Pontoise le démontre : un territoire sous pression de construction réelle, avec des contraintes budgétaires réelles, des acteurs multiples et des objectifs parfois contradictoires. Et pourtant une charte opérationnelle, co-construite, mesurable, ancrée bientôt dans les documents d'urbanisme.
Ce que ce territoire prouve, c'est que la vraie question n'est pas "est-ce possible ?" Elle est : peut-on se permettre de ne pas le faire ? Parce que continuer à aménager comme avant — c'est ça, finalement, la vraie utopie. Celle qui coûte très cher, à terme, en adaptation subie, en coûts de santé publique, en perte d'attractivité.
La ville régénérative est l'étape suivante de l'aménagement durable. Elle est accessible, progressive, mesurable. Et elle commence par un choix : celui de décider que chaque projet, quel que soit son échelle, peut produire plus qu'il ne consomme comme notre concept "TERREP" le promouvait il y a plus de 10 ans.
Pour en savoir plus ... Charte d’aménagement de Cergy-Pontoise : un cadre commun pour des villes régénératrices

Qu’est-ce qui t’a conduit vers ce métier ?
Ce qui m’a conduit vers ce métier, c’est d’abord une sensibilité assez forte au vivant. Une attention à la nature, aux écosystèmes… et surtout à la manière dont nos modes de vie viennent les impacter.
Très vite, cette sensibilité m’a amené vers la ville. J’ai cherché à comprendre pourquoi certains lieux fonctionnent — créent du confort, de la qualité de vie, tout en respectant le vivant — et pourquoi d’autres non. Derrière cette question, je vois des flux, des usages, des politiques publiques, des choix très concrets, ainsi qu’une attention essentielle à la consommation des ressources et de l’énergie, et à la nécessité de les inscrire dans une logique de sobriété dans le temps.
Ce qui m’a accroché, c’est la complexité. L’aménagement oblige à croiser des sujets techniques, sociaux, environnementaux, économiques. Une complexité au sens d’Edgar Morin, qui ne se simplifie pas mais qui se structure.
J’ai aussi toujours eu une appétence pour le projet, pour l’architecture, pour la matérialité. Mais avec le besoin d’aller au-delà de l’objet, de comprendre les systèmes dans lesquels il s’inscrit.
Au départ, j’intervenais principalement à l’échelle des projets.
Et assez rapidement, je me suis rendu compte que beaucoup de décisions structurantes se jouaient en amont : dans les stratégies, dans les organisations, dans la manière dont les acteurs arbitrent.
C’est ce constat qui m’a amené à élargir progressivement mon intervention.
Aujourd’hui, j’interviens à la fois sur les projets… et sur les organisations qui les rendent possibles. Par exemple, sur le sujet de la mobilité, j’accompagne à la fois des collectivités dans la définition et le pilotage de leurs politiques publiques (plans de mobilité, stratégies territoriales), et des entreprises du territoire dans leur déclinaison opérationnelle : élaboration de plans de mobilité employeur, optimisation et mutualisation des flottes de véhicules, évolution des usages et des pratiques de déplacement. Dans la même logique, j’interviens également sur les enjeux énergétiques, en articulant vision stratégique et mise en œuvre opérationnelle. J’accompagne par exemple des collectivités dans la définition de trajectoires de sobriété énergétique à l’échelle communale ou intercommunale, ainsi que dans l’évaluation du potentiel de déploiement du photovoltaïque sur leur territoire. En parallèle, j’interviens auprès d’acteurs économiques pour traduire ces orientations en actions concrètes : mutation des systèmes de chauffage, amélioration de la performance énergétique, ou encore déploiement de solutions de production photovoltaïque adaptées à leurs sites et à leurs usages.
Finalement, c’est le même métier, mais à une autre échelle. Avec le temps, j’ai compris que ce métier me permettait d’articuler trois choses : comprendre, agir et transformer
À quel moment as-tu décidé de prendre la direction de Vizea Sud-Ouest ?
Ce n’est pas une décision qui s’est prise en un instant précis.
Après plusieurs années à travailler sur des sujets d’urbanisme durable en Ile-de-France, j’ai ressenti le besoin d’élargir mon champ d’action. Ne plus être uniquement dans le projet, mais intervenir sur l’ensemble de la chaîne : mobilité, bâtiment, stratégie, transformation des organisations.
Et puis il y avait une envie d’entreprendre.
Avec mes associés, nous avons fait un choix structurant dès le départ : ne pas spécialiser l’agence sur un seul sujet, mais assumer une approche globale et multi-expertises. C’était plus complexe à développer, mais beaucoup plus cohérent avec les enjeux.
L’ouverture à Bordeaux s’est imposée assez naturellement. D’un côté, une attache personnelle au territoire ; de l’autre, un contexte particulièrement révélateur des enjeux actuels — croissance, pression foncière, adaptation climatique — mais aussi une réelle capacité à expérimenter et à innover.
Être implanté localement n’était pas seulement une opportunité.
C’était une condition pour être utile.
Aujourd’hui, après 5 ans de développement, avec une équipe d’une dizaine de personnes, on intervient sur un spectre large : stratégies territoriales, projets d’aménagement, mobilités, ingénierie du bâtiment, accompagnement RSE, ainsi que démarches de décarbonation et d’adaptation au changement climatique. Et surtout, on voit que cette approche transversale fait sens pour les acteurs.
Quelles sont aujourd’hui les transformations les plus structurantes dans ton secteur ?
Le vrai sujet aujourd’hui, ce n’est plus la prise de conscience.
C’est le passage à l’action.
On observe encore beaucoup d’écart entre les ambitions affichées et les décisions réellement prises. Et c’est là que se situent les blocages.
Dans le même temps, le cadre a profondément changé.
Le modèle de ressources abondantes et peu chères est terminé. Énergie, matériaux, foncier… tout devient contraint. Et cela déstabilise l’ensemble des modèles économiques.
Dans un contexte où les marges de manœuvre se réduisent et où les impacts financiers — directs et indirects — du changement climatique deviennent de plus en plus visibles, l’enjeu n’est plus de s’arrêter à l’analyse, mais de passer à l’action.
Dans ce cadre, l’ingénierie et le conseil retrouvent pleinement leur utilité.
Pas pour empiler des études, mais pour arbitrer, décider et faire en sorte que ces décisions tiennent dans une économie contrainte.
Et cela concerne aujourd’hui tous les secteurs, pas uniquement l’aménagement.
Peux-tu donner un exemple concret de ces difficultés ?
On est régulièrement confrontés à des décalages entre stratégie et opérationnel.
Par exemple, des collectivités qui adoptent des trajectoires ambitieuses — type Plan Climat Air Energie Territorial — et qui, à l’échelle des projets, prennent des décisions qui vont à l’encontre de ces engagements.
Ce n’est pas un problème de volonté, mais d’alignement — et plus largement de moyens pour y parvenir.
Les acteurs ne disposent pas toujours des outils, des méthodes ou de l’ingénierie nécessaires pour appréhender la complexité des situations : comprendre les causalités, les effets en chaîne, les interactions entre décisions, parfois à plusieurs échelles ou sur des temporalités différentes.
Or, les enjeux environnementaux fonctionnent précisément de manière systémique, avec des impacts indirects, différés, souvent peu visibles à court terme.
Sans cette lecture, on prend des décisions partielles, parfois amputées, qui peuvent générer des effets négatifs pour notre territoire et la santé environnementale.
Autre point très fréquent : la question économique.
Elle est encore trop souvent utilisée pour justifier l’inaction ou limiter l’ambition.
Pourtant, dès qu’on élargit le raisonnement — en intégrant le moyen-long terme, les risques, les coûts d’exploitation — les équilibres changent profondément.
Ce qui manque, dans la majorité des cas, ce n’est pas la solution technique.
C’est un cadre de décision partagé, qui accepte de se projeter au-delà du court terme.
On l’observe très concrètement dans nos accompagnements, notamment sur des schémas directeurs immobiliers ou des plans stratégiques de patrimoine : dès lors qu’on réintroduit la notion de temps, la qualité environnementale et climatique des décisions s’améliore nettement.
Et c’est précisément à cet endroit que nous intervenons.
Quelle est ta vision de ton rôle aujourd’hui ?
Je travaille sur des sujets où il n’y a pas de solution simple.
Mon rôle consiste à aider à arbitrer dans des contextes complexes, avec des contraintes réelles, parfois contradictoires. On n’est pas là pour proposer des solutions idéales, mais pour rendre possible ce qui paraît difficile.
Concrètement, cela revient à aligner trois dimensions : les ambitions environnementales, les contraintes opérationnelles et les décisions effectivement prises.
Et c’est justement cette complexité des projets qui structure aussi mon rôle de dirigeant.
Pour être utile sur ces sujets, on ne peut pas fonctionner en silo. Il faut être capable de mobiliser plusieurs expertises, de croiser les échelles, de relier la stratégie au projet.
C’est pour cela que je travaille à structurer Vizea comme un écosystème cohérent et engagé, capable d’intervenir à la fois sur l’énergie, la mobilité, le bâtiment, l’aménagement, l’adaptation, la biodiversité, la RSE, l’éco-conception, la décarbonation et les stratégies territoriales.
Et derrière ça, il y a une conviction simple : la qualité de ce qu’on produit dépend directement de la qualité du collectif.
Mon rôle, c’est donc aussi de créer un cadre dans lequel chacun peut monter en compétence, prendre des responsabilités et contribuer pleinement. Parce que c’est à cette condition qu’on peut réellement être utile sur les projets
Comment vois-tu évoluer le secteur dans les prochaines années ?
La transition ne sera plus une option.
Il y aura des acteurs qui l’anticipent et en font un levier.
Et d’autres qui la subiront.
La différence se fera sur la capacité à intégrer ces enjeux suffisamment tôt… et surtout à les tenir dans la durée.
Aujourd’hui, on voit clairement que ceux qui prennent le temps de structurer leurs décisions en amont sont aussi ceux qui s’en sortent le mieux dans les phases opérationnelles.
C’est avec ces acteurs-là que je travaille au quotidien : ceux qui veulent dépasser le constat et entrer dans le faire, en assumant les arbitrages que cela implique.
Quelle conviction guide aujourd’hui ton action ?
Je suis convaincu que la transition se jouera dans la capacité à aligner les décisions.
Pas uniquement dans les stratégies, ni dans les projets pris isolément, mais dans la cohérence entre les deux.
Les organisations ont une capacité réelle à se transformer.
Mais cela suppose d’assumer des choix, de mobiliser les équipes et de tenir des trajectoires dans le temps.
Et à titre personnel, le fait d’être père donne une autre lecture à tout ça. On ne travaille plus uniquement sur des projets. On travaille sur des conditions de vie futures.
Et ça change le niveau d’exigence.
Bien plus qu’une obligation réglementaire, l’évaluation environnementale constitue un véritable outil d’aide à la décision pour anticiper les impacts, sécuriser les projets d’aménagement et renforcer leur ambition écologique dans la durée.
La prise en compte des enjeux environnementaux dans un projet d'aménagement constitue un prérequis incontournable à la réussite de tout projet d'aménagement. Elle ne relève plus uniquement d’une obligation réglementaire, mais d’une exigence stratégique et opérationnelle. Intégrer ces enjeux le plus en amont possible des projets permet d'apporter des réponses concrètes pour lutter contre l'artificialisation des sols, préserver les ressources et contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique.
L'évaluation environnementale, aussi appelée étude d’impact dans le cas d’un projet d’aménagement urbain, joue à ce titre un rôle central en tant qu'outil d'aide à la décision, permettant d'anticiper, d'évaluer et de réduire les incidences du projet sur l'environnement tout au long de sa vie. Elle permet également d’objectiver les choix et de sécuriser juridiquement l’opération. Elle s'inscrit dans une logique d'amélioration continue fondée sur la démarche ERCAS - éviter, réduire, compenser, accompagner et suivre.
L’évaluation environnementale est encadrée par le Code de l’Environnement (articles L.122-1 et L.122-3), qui définit son champ, ses objectifs et ses modalités. Selon l’article R.122-2, un projet peut relever d’une évaluation systémique ou d’un examen au cas par cas, notamment pour les travaux et aménagements de la catégorie 39.
Même si un projet est exempté d’étude d’impact selon sa superficie, l’autorité environnementale peut exiger une évaluation complète après instruction. Il sera alors attendu de répondre aux recommandations de la MRAe, (autorité indépendante) et réaliser les études techniques complémentaires nécessaires.
L'évaluation environnementale ne doit pas être perçue comme un document contraignant mais comme un outil d'aide à la décision. Conçue comme un processus et non comme un simple livrable, elle doit être réalisée dans une démarche itérative et orienter les choix programmatiques dans une démarche d’amélioration continue, et d’une limitation des impacts du projet d’aménagement sur l’environnement.
Signataire de la charte d’engagement des bureaux d’études en évaluation environnementale, Vizea garantit indépendance, transparence et devoir de conseil. Nous accompagnons les acteurs publics et privés tout au long des phases de projet, de la stratégie initiale au suivi chantier, pour transformer une obligation réglementaire en outil de pilotage environnemental.
Dans le cadre des évaluations environnementales, Vizea a développé une méthodologie claire, opérationnelle et sécurisante.
Nous débutons systématiquement par la réalisation d’une note de cadrage préalable. Cette étape nous permet :
Un planning précis est ensuite mis en place pour anticiper allers-retours, validations et ateliers, en intégrant les phases critiques : collecte de données, rédaction, concertation. La coordination avec toutes les parties prenantes (MOA, MOE, bureaux d’études) est centrale : points réguliers et travail conjoint de l’état initial aux mesures ERCAS garantissent cohérence et respect des délais.
Dans certains contextes, nous préconisons la réalisation d’une étude d’impact volontaire, même lorsqu’un projet pourrait, d’un point de vue strictement réglementaire, relever d’un simple examen au cas par cas.
Cette position repose sur nos retours d’expérience ainsi que sur l’analyse approfondie menée dans le cadre de notre note de cadrage préalable. Lorsque le site présente des enjeux environnementaux significatifs, des sensibilités fortes ou un contexte territorial complexe, il est souvent plus pertinent d’engager directement une étude d’impact complète, même si les seuils réglementaires ne sont pas atteints.
Cette situation se rencontre fréquemment en contexte dense, notamment en Île-de-France, où les enjeux sont multiples et fortement imbriqués. Dans ces territoires, l’anticipation constitue un facteur clé de réussite et de sécurisation juridique.
L’étude d’impact volontaire peut ainsi constituer une réponse stratégique : elle permet d’anticiper la décision de l’autorité environnementale, d’éviter des délais supplémentaires liés à une soumission tardive, et de sécuriser juridiquement le projet dès ses premières phases.
Nous défendons une vision dynamique de l'étude d'impact. Ce document doit évoluer avec le projet et dans le temps. Les ajustements programmatiques, les résultats d’études techniques, les retours des PPA ou les recommandations de l’autorité environnementale doivent pouvoir être intégrés progressivement.
Pensée comme un outil itératif, l’évaluation environnementale accompagne la maturation du projet. Elle nourrit les arbitrages, structure la démarche ERCAS et favorise l’émergence de solutions plus vertueuses. Pour garantir la mise en œuvre des mesures ERCAS, nous développons pour chaque étude, un outil de suivi destiné à la maîtrise d’ouvrage, avec l’appui des bureaux d’études. Il fournir un tableau synthétique des engagements et assure leur suivi sur toute la durée du projet : phases pré-opérationnelles, études, chantier et gestion.
Ainsi conçue, elle ne constitue pas une contrainte administrative supplémentaire, mais un véritable levier stratégique au service d’un projet d’aménagement écologique, ambitieux et durable, créateur de valeur environnementale et territoriale sur le long terme.
La décarbonation des espaces publics : un impératif pour des villes durables
Les espaces publics, qu’il s’agisse de places, de parcs, de rues ou d’infrastructures de transport, jouent un rôle central dans la qualité de vie urbaine. Pourtant, leur aménagement, leur entretien et leur utilisation contribuent significativement aux émissions de gaz à effet de serre. En France, le secteur du bâtiment et des infrastructures représente près de 25 % des émissions nationales de GES, tandis que les transports, souvent liés à l’organisation des aménagements urbains, en génèrent plus de 30 %. Face à l’urgence climatique et aux objectifs de neutralité carbone fixés pour 2050, la décarbonation des espaces publics s’impose comme une priorité. Elle nécessite une approche systémique, intégrant à la fois la conception, la gestion et l’usage de ces espaces, tout en répondant aux enjeux de résilience, d’inclusion et de biodiversité.
La transformation des pratiques dans ce secteur devient donc un enjeu stratégique pour atteindre les objectifs climatiques.
L’aménagement des espaces publics génère des émissions à chaque phase de leur cycle de vie. Dès la conception, le choix des matériaux (comme le béton, l’acier ou les revêtements bitumineux par exemple) est déterminant : leur production est énergivore et émettrice de GES. Par exemple, la fabrication d’une tonne de ciment libère environ 900 kg de CO₂. La phase de construction, avec l’utilisation d’engins de chantier fonctionnant aux énergies fossiles, amplifie cet impact. Ensuite, l’entretien des espaces, notamment l’éclairage public, l’arrosage des végétaux ou le nettoyage des sols, repose souvent sur des pratiques consommatrices d’énergie et de ressources. Enfin, l’usage même des espaces publics, comme la mobilité qu’ils induisent (voitures, deux-roues motorisés) ou les activités qui s’y déroulent (marchés, événements), peut générer des émissions indirectes. Ces étapes, bien que nécessaires, soulignent l’importance d’une réflexion globale pour réduire l’empreinte carbone des projets urbains.
Figure 1 : Répartition moyenne des émissions de GES des composants du béton
La lutte contre l’artificialisation des sols est un levier majeur pour réduire les émissions de GES des espaces publics. En France, l’objectif de « zéro artificialisation nette » d’ici 2050 impose de repenser l’urbanisme en privilégiant la densification et la renaturation des espaces déjà urbanisés. Les sols naturels et les espaces végétalisés jouent en effet un rôle clé dans la séquestration des GES : un arbre mature peut absorber jusqu’à 20 kg de CO₂ par an, tandis qu’un sol urbain perméable et riche en matière organique stocke davantage de carbone qu’un sol imperméabilisé. Les projets de désimperméabilisation, comme la suppression des parkings minéralisés au profit de jardins de pluie ou de sols stabilisés végétalisés, permettent à la fois de réduire les îlots de chaleur et d’augmenter la capacité de stockage du carbone. Par ailleurs, la préservation des sols agricoles et forestiers en périphérie urbaine permet d’éviter les émissions liées à leur conversion, tout en maintenant des puits de carbone naturels.
Le choix des matériaux est un autre levier essentiel pour décarboner les espaces publics. Les enrobés à froid, par exemple, représentent une alternative prometteuse aux enrobés traditionnels : leur fabrication à température ambiante réduit jusqu’à 40 % les émissions de GES par rapport aux enrobés chauds, tout en limitant la consommation d’énergie.
De même, les bétons bas carbone, incorporant des ajouts minéraux (comme les cendres volantes ou les laitiers de haut fourneau) ou des liants alternatifs, permettent de diminuer significativement l’empreinte carbone des infrastructures.
Certains matériaux en première approche « naturels » peuvent parfois s’avérer être des faux amis : le stabilisé, souvent perçu comme une solution écologique, nécessite en réalité un entretien régulier (arrosage, compactage, ajouts de liants hydrauliques) et une maintenance énergivore assez régulière, ce qui peut annuler ses bénéfices initiaux. Cela est d’autant plus vrai si le matériau sélectionné n’est pas adapté à l’usage (exemple : aménagement d’une piste cyclable très passante en stabilisé : il sera nécessaire de l’entretenir très régulièrement).

Figure 2 : Comparaison d'émissions de GES de revêtements sur la base de FDES de la base Inies
Il est donc crucial d’évaluer le cycle de vie complet des aménagements et donc des matériaux mis en œuvre, en intégrant leur durabilité, leur besoin en maintenance et leur potentiel de recyclage.
Le réemploi et le recyclage des matériaux constituent une piste incontournable pour réduire l’empreinte carbone des aménagements. Le réemploi, qui consiste à utiliser des matériaux existants sans transformation (pavés, bornes, mobilier urbain), évite les émissions liées à la production de nouveaux produits notamment, parfois pour du réemploi réalisé in-situ, il permet aussi d’éviter des émissions de GES associées aux transports de ces matériaux. Par exemple, réutiliser des pavés en pierre naturelle issus de déconstruction permet d’économiser jusqu’à 90 % des émissions par rapport à la production de pavés neufs.
Le recyclage, quant à lui, transforme les déchets en nouvelles ressources : les granulats recyclés, issus de la déconstruction de bâtiments ou de chaussées, peuvent remplacer jusqu’à 30 % des granulats naturels dans les enrobés, réduisant ainsi l’extraction de matières premières et les émissions associées. Des initiatives comme les plateformes de réemploi ou les filières de recyclage local se multiplient, mais leur généralisation suppose une meilleure traçabilité des matériaux et une collaboration renforcée entre l’ensemble des acteurs de l’aménagement et demande également une forte anticipation des sujets lors de la conception des projets.
La mise en œuvre de ces matériaux dans les espaces publics prend des formes variées et innovantes. Pour les revêtements de sols, les dalles en bois composite ou en liège, résistantes à l’usure et antidérapantes, remplacent avantageusement les matériaux minéraux. Les mobiliers urbains (bancs, clôtures, signalétiques) en bois local ou en matériaux recyclés et biosourcés (comme les panneaux de particules à base de roseaux) se multiplient, alliant esthétique, durabilité et faible impact environnemental. Les structures paysagères tendent également à mettre en œuvre plus de bois.
La commande publique joue un rôle déterminant et se renforce en 2026 avec l’obligation d’intégrer des clauses environnementales dans les marchés publics. Les collectivités peuvent donc orienter les marchés vers des solutions plus vertueuses et durables et à minima faire en sorte d’analyser les différentes options pouvant être mises en œuvre sur les opérations. Cette évolution encourage l’innovation industrielle et favorise l’émergence de filières locales de matériaux bas carbone.
La décarbonation des espaces publics apparaît ainsi comme un chantier structurel pour le secteur des travaux publics : elle suppose une transformation des référentiels techniques, des pratiques professionnelles et des chaînes d’approvisionnement, mais elle offre aussi l’opportunité de construire des infrastructures plus durables, plus résilientes et mieux adaptées aux défis climatiques contemporains.
Finalement, comme toute opération d’aménagement ou de construction, la mise en avant de solutions bas carbone adaptées aux usages des espaces doit passer par une analyse fine des atouts et contraintes de chaque solution, et la réalisation d’étude en analyse de cycle de vie avec une période de temps précise peut aider les maitrises d’ouvrage et maitrises d’œuvre dans les décisions de conception à prendre.
Face à l’intensification des vagues de chaleur et des îlots de chaleur urbains, les villes doivent adapter leurs aménagements. Vizea propose un diagnostic thermique de terrain avant et après projet, combinant mesures par caméras thermiques et capteurs fixes, pour quantifier concrètement l’efficacité des aménagements et guider des choix urbains plus résilients.
En milieu urbain, deux phénomènes de chaleur occurrent principalement : la surchauffe urbaine diurne et l’effet d’îlot de chaleur urbain nocturne.
La surchauffe urbaine se manifeste en journée sous l’effet de l’absorption intense du rayonnement solaire par les surfaces minérales majoritaires en ville, telles que les chaussées, les trottoirs et les façades. Ces matériaux, caractérisés par un albédo généralement faible (notamment le bitume), absorbent une grande part du rayonnement incident et présentent une forte capacité de stockage thermique. Ce phénomène est renforcé par l’imperméabilisation des sols, la faible couverture végétale limitant l’évapotranspiration, la rareté des surfaces en eau et les apports de chaleur d’origine anthropique.
L’effet d’îlot de chaleur urbain correspond quant à lui à la persistance de températures élevées durant la nuit par rapport au milieu rural, résultant de la restitution progressive de la chaleur emmagasinée par les matériaux urbains au cours de la journée. Il est accentué par la densité et la morphologie du bâti, qui limitent la ventilation et le rafraîchissement nocturne, ainsi que par la continuité des émissions de chaleur liées aux usages urbains.
En plus d’être une gêne pour les habitants lors des fortes chaleurs estivales, il devient un risque à anticiper auquel la ville doit s’adapter, c’est-à-dire la combinaison entre un aléa (canicule) et un enjeu (santé des populations) tout en prenant en compte sa probabilité d’occurrence (récurrence en saison estivale).
La TRACC (Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique), un référentiel national élaboré par Météo France et le Ministère de la Transition Ecologique, fournit des projections climatiques fiables à l’échelle de la France métropolitaine pour guider les politiques d’adaptation et la planification territoriale face au réchauffement climatique dans son rapport de consultation publique publié fin 2023 :
• Une poursuite marquée du réchauffement thermique, avec une hausse moyenne des températures en France métropolitaine par rapport à la période 1900-1930, dans le scénario tendanciel retenu pour l’adaptation.
• Une augmentation du nombre de jours de fortes vagues de chaleur : par rapport à la période de référence 1976-2005, le nombre annuel de jours où la température maximale dépasse 35 °C est projeté d’augmenter fortement.
• Des précipitations annuelles globalement stables, mais avec une redistribution saisonnière : la TRACC projette une légère augmentation des cumuls annuels mais une baisse des précipitations estivales par rapport à 1976-2005, reflétant des contrastes saisonniers plus marqués.
• Des conditions atmosphériques contribuant à l’aggravation des phénomènes de surchauffe urbaine et d’îlot de chaleur urbain, notamment la fréquence accrue de situations anticycloniques et de vents faibles, limitant la dispersion de la chaleur et rendant les vagues de chaleur plus persistantes et difficiles à supporter, en particulier en milieu urbain.
En conséquence, les impacts négatifs associés aux vagues de chaleur et aux événements climatiques extrêmes sont appelés à s’intensifier à l’échelle nationale, avec des effets marqués sur les populations et les territoires : augmentation des risques sanitaires et de la surmortalité, baisse de la productivité, tensions accrues sur les ressources en eau et en énergie, saturation des équipements, ou encore vulnérabilité renforcée des espaces urbains.
Afin d’évaluer la contribution des aménagements à l’atténuation des phénomènes de chaleur en ville, Vizea accompagne les maîtrises d’ouvrage dans l’optimisation bioclimatique des projets urbains. Pour ce faire, des campagnes de mesures de température avant et après projet sont mises en place. Deux types de mesures sont réalisables :
Les caméras thermiques offrent une visualisation du comportement thermique d’éléments urbains à un instant t en mesurant leur température de surface. Ces données permettent d’appréhender les facteurs influençant la température de surface des éléments urbains, et ainsi de tirer des conclusions quant aux matériaux, à l’orientation, aux couleurs, aux types de mise en scène de l’eau, au type de végétation ou encore aux types d’aménagement favorables au confort bioclimatique des espaces extérieurs urbains.
Ces données sont collectées par des mesures directement sur le terrain. En considérant les évolutions du climat en faveur de phénomènes de chaleur accrus, une journée caniculaire est privilégiée pour les prises de vue.
Les conclusions tirées de cette campagne de mesure permettent d’orienter les choix d’aménagement en faveur de villes plus résilientes face aux canicules.

Visualisation par caméra thermique des températures sur l’espace public - Vizea
Dans le but d’appréhender le comportement thermique de site défini, des capteurs thermiques fixes sont placés durant toute la période estivale à des emplacements judicieusement choisis avec les maitrises d’ouvrage, tels que des espaces extérieurs requalifiés à forte affluence, ou encore des espaces voués à accueillir des aménagements de type « îlot de fraicheur ». Ces capteurs effectuent des mesures de température et d’hygrométrie à pas de temps rapproché afin d’évaluer de manière continue les conditions bioclimatiques réelles. L’analyse croisée des données sur plusieurs plages horaires, notamment diurne et nocturne, permet de caractériser de manière fine le comportement d’un site face aux phénomènes de surchauffe et d’îlot de chaleur urbains sur une période caniculaire judicieusement sélectionnée. Les données sont systématiquement confrontées à des références, tel qu’un point frais non soumis aux aménagements dans un parc densément planté, ou les données d’une station météo France sur la période étudiée.

Pose de capteurs fixes sur le territoire de l’Etablissement Public Territorial Est Ensemble (93) – Vizea
Ces campagnes de mesure sont conduites à deux reprises : une fois avant le début des travaux d’aménagement, puis une fois les travaux finis, afin de quantifier précisément la contribution du projet à la réduction des phénomènes de chaleur en ville. Les sites sont ensuite reclassés par rapport à leur comportement initial en point chaud, point intermédiaire ou point frais. Réalisés en différents points du projet, une projection cartographique de la résilience bioclimatique des aménagements est alors visualisable.

Visualisation graphique des mesures des capteurs thermiques fixes sur une période caniculaire de 10 jours – Vizea
À l’approche des élections municipales de 2026, les enjeux environnementaux occupent une place croissante dans le débat public. Longtemps perçues comme des scrutins de proximité cantonnés à la gestion quotidienne, les élections locales sont désormais reconnues comme un levier majeur de la lutte contre le changement climatique. En France, les communes et intercommunalités concentrent une part importante des décisions qui influencent directement les émissions de gaz à effet de serre, qu’il s’agisse de l’aménagement urbain, des politiques de mobilité, de la gestion des bâtiments ou de la production d’énergie. Le maire, en tant que chef de l’exécutif municipal, se situe au cœur de cette transformation.
Regardons plus précisément sur certaines thématiques comment nous pouvons établir ces influences.
Le secteur du bâtiment représente l’un des principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre à l’échelle locale, en raison des besoins de chauffage, de climatisation et de l’ancienneté d’une grande partie du parc immobilier. Le maire dispose d’un pouvoir déterminant pour orienter la trajectoire de décarbonation des bâtiments, à commencer par le patrimoine communal. Les choix d’investissement réalisés durant un mandat (rénovation thermique des écoles, des équipements sportifs ou des bâtiments administratifs par exemple) ont des effets durables sur les consommations énergétiques et les émissions associées, souvent sur plusieurs décennies.
Au-delà du parc public, les décisions municipales influencent également la rénovation des logements privés. Par le biais des politiques d’urbanisme, des dispositifs d’accompagnement des ménages et de l’animation territoriale, les communes peuvent accélérer ou freiner la transition énergétique du parc résidentiel. Le maire joue aussi un rôle de facilitateur entre les acteurs locaux (bailleurs sociaux, copropriétés, artisans) et les dispositifs nationaux ou régionaux de financement. À l’échelle d’une ville, une stratégie ambitieuse de rénovation énergétique permet de réduire structurellement les émissions de GES tout en améliorant le confort des habitants et en luttant contre la précarité énergétique.
Un autre exemple d’influence est concrètement le choix et la préférence des maires pour certains projets de construction ou de rénovation de bâtiments. S’ils ne participent pas directement au dessin architectural des projets, les maires ont leur mot à dire sur les permis de construire déposés et ont clairement le pouvoir d’influencer un projet. Une des situations rencontrées à de multiples reprises au sein des missions de Vizea est de constater qu’un maire valide un projet sur le presque seul aspect esthétique d’un bâtiment, quand les projets concurrents auront une meilleure réponse environnementale. L’ensemble des critères ne sont pas tous jugé et la beauté relative d’une façade peut facilement l’emporter.
Le secteur des transports constitue l’un des premiers postes d’émissions de GES en milieu urbain. Dans ce domaine, les décisions municipales ont un impact particulièrement visible et rapide. Le maire dispose de leviers puissants pour orienter les pratiques de mobilité, notamment à travers l’aménagement de l’espace public. Le développement des mobilités actives, comme la marche et le vélo, dépend largement de la volonté politique locale de redistribuer l’espace urbain, de sécuriser les déplacements et de rendre ces alternatives attractives face à la voiture individuelle.
Les politiques de mobilité portées par les municipalités influencent également l’usage des transports en commun et la place de la voiture en ville. Les choix en matière de stationnement, de limitation de vitesse, de zones à faibles émissions ou de soutien aux transports collectifs façonnent les comportements quotidiens des habitants. À l’échelle d’un mandat, ces décisions peuvent entraîner une baisse significative des émissions liées aux déplacements, tout en améliorant la qualité de l’air et le cadre de vie. Les élections municipales de 2026 détermineront ainsi si les villes poursuivent ou non la transformation engagée ces dernières années vers des mobilités moins carbonées.
La gestion des déchets relève directement des compétences locales et constitue un levier important de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment à travers la limitation des déchets enfouis et la valorisation des matières. Les choix opérés par les maires en matière de collecte, de tri et de traitement influencent les émissions de méthane issues des décharges, ainsi que les émissions indirectes liées à la production de biens neufs.
En favorisant le tri à la source des biodéchets, le compostage et le développement des filières de réemploi, les municipalités contribuent à une logique d’économie circulaire qui réduit la pression sur les ressources naturelles et l’empreinte carbone des territoires. Les politiques d’achats publics responsables, également décidées au niveau local, peuvent amplifier cet effet en orientant la demande vers des produits durables et sobres en carbone. Là encore, l’orientation donnée par les équipes municipales élues en 2026 aura des conséquences durables sur les flux de matières et les émissions associées.
Les communes jouent un rôle croissant dans la transition énergétique, notamment par la gestion de leurs propres consommations et par le soutien au développement des énergies renouvelables locales. Le maire peut impulser le développement de projets photovoltaïques, de réseaux de chaleur ou de solutions de production d’énergie décarbonée en mobilisant le foncier communal et en facilitant les partenariats avec des acteurs publics ou citoyens.
La maîtrise de l’énergie passe également par l’optimisation des usages, notamment à travers la modernisation de l’éclairage public ou la gestion intelligente des bâtiments municipaux et bien sûr leur rénovation). Ces actions, parfois perçues comme techniques, ont pourtant un impact direct sur les émissions locales de gaz à effet de serre. En orientant les investissements vers des dispositions sobres et renouvelables, les maires élus en 2026 pourront réduire durablement la dépendance des villes aux énergies fossiles.
Enfin, les politiques environnementales municipales ne se limitent pas à la réduction directe des émissions. Le développement de la nature en ville, la renaturation des espaces urbains et l’adaptation au changement climatique constituent des axes complémentaires portés par les maires. En favorisant les espaces verts, les sols perméables et l’agriculture urbaine, les communes améliorent la résilience des territoires face aux vagues de chaleur et aux événements climatiques extrêmes, tout en contribuant indirectement au stockage du carbone et à la sobriété énergétique.
La décarbonation d’un territoire ne se limite pas à une juxtaposition de projets sectoriels. Elle repose sur une vision stratégique, généralement formalisée dans des documents de planification climatique comme les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux, souvent pilotés à l’échelle intercommunale mais fortement influencés par les orientations des maires. Le maire contribue à définir les priorités, les objectifs de réduction des émissions et les arbitrages budgétaires qui traduisent les engagements climatiques en actions concrètes.
À travers ses compétences en matière d’urbanisme, d’aménagement et de développement économique, le maire façonne la structure même de la ville. La densité urbaine, la localisation des activités, la place accordée aux espaces naturels ou aux zones commerciales périphériques ont des conséquences directes sur les déplacements, les consommations d’énergie et l’artificialisation des sols. Les choix opérés lors d’un mandat municipal peuvent ainsi inscrire une ville sur une trajectoire compatible avec les objectifs climatiques nationaux ou, au contraire, renforcer des modèles urbains fortement émetteurs de gaz à effet de serre.
Les élections municipales de 2026 constituent un moment charnière pour l’avenir climatique de nos villes. Derrière des choix apparemment locaux se dessinent des trajectoires de long terme en matière d’émissions de gaz à effet de serre, de qualité de vie et de résilience écologique. Le maire, par ses compétences transversales et sa capacité à orienter l’action publique locale, s’impose comme un acteur central de la transition écologique. A ce titre, le débat électoral de 2026 devra pleinement intégrer les enjeux climatiques, tant ils conditionnent l’avenir des territoires et de leurs habitants.
Jules Drique a pris la tête de l’agence Vizea à Nantes avec une double conviction : l’envie personnelle de s’ancrer dans un territoire qu’il aime, et la certitude que le Grand Ouest est un laboratoire majeur de la transition écologique.
Portée par le principe de “collopement” de Vizea – qui encourage l’initiative et la prise de responsabilités des collaborateurs – l’ouverture de cette agence s’inscrit dans une dynamique forte : accompagner de près les collectivités, aménageurs et acteurs privés face aux défis du réchauffement climatique, de la ressource en eau, de la biodiversité et de l’aménagement sobre.
Dans cette interview, il revient sur son rôle de directeur d’agence, les enjeux environnementaux et urbains du territoire nantais, la manière dont Vizea Grand-Ouest se distingue dans ses missions, et la vision qu’il porte pour les prochaines années… jusqu’à un souhait “magique” pour la Loire et son bassin versant.

L’agence de Nantes de Vizea est née de mon envie personnelle de m’installer dans cette ville et de la confiance que m’ont accordé les associés historiques Jean-François et François-Xavier en application du concept interne de "Collopement" qui amène notre société à soutenir le développement personnel de ses salariés, en favorisant leur prise de responsabilités.
Au-delà de cette dynamique personnelle et de confiance, j’avais la conviction que Nantes et le Grand Ouest était un territoire où Vizea pouvait avoir un impact fort et que les collectivités et les acteurs portent de vraies ambitions de sobriété, de planification écologique et de résilience. Ouvrir une agence ici était l’occasion de renforcer la présence de Vizea dans le Grand Ouest et de construire une équipe pluridisciplinaire capable d’accompagner les acteurs locaux avec ambition, proximité et exigence technique.
En tant que directeur de l’agence de Nantes, j’occupe un rôle à la fois stratégique et opérationnel. Il combine plusieurs responsabilités :
Dans le Grand Ouest, je souhaite impulser une dynamique de présence renforcée auprès des acteurs publics et privés, avec l’ambition de devenir un interlocuteur incontournable sur les sujets de transition écologique, que ce soit à l’échelle du bâtiment, des opérations d’aménagement ou de la planification territoriale.
Mon objectif est aussi de continuer à structurer nos métiers – l'approche multi-échelle bas carbone, l'énergie, la, résilience climatique, l'écologie urbaine, pour maintenir un haut niveau d’expertise.
Je veux également consolider une dynamique collective forte : une agence où chacun progresse, se sent légitime, prend des responsabilités et trouve sa place dans un projet commun.
Sur le territoire nantais et plus largement dans le Grand Ouest, les enjeux sont très clairs : réchauffement accéléré, pression sur la ressource en eau et artificialisation encore trop forte.
Les travaux du GIEC des Pays de la Loire montrent déjà une hausse de +1,5 °C, des vagues de chaleur plus fréquentes et une situation hydrique très dégradée, avec seulement 11 % des masses d’eau en bon état et un risque important d’étiages sévères dans les prochaines décennies
À cela s’ajoutent la fragilité de la biodiversité locale, le recul des zones humides, et une forte exposition du littoral aux submersions et à l’érosion.
Dans un territoire aussi dynamique que le nôtre, le défi consiste à concilier attractivité, sobriété et résilience, en repensant nos manières d’aménager, de construire et d’accompagner les acteurs publics et privés dans la transition.
Ces constats, Vizea les vit de manière très opérationnelle. Nous avons accompagné Nantes Métropole sur des démarches structurantes — l’évaluation à mi-parcours du Plan Local de l’Habitat (PLH), l’expertise pour faire évoluer le PLUi vers plus de densité maîtrisée et plus de nature en ville — mais aussi Rennes Métropole, notamment sur son PLH et sur l’application de son référentiel d’aménagement énergie & bas carbone.
Ces missions nous donnent une lecture fine des leviers concrets de la transition territoriale, et des arbitrages à mener pour transformer durablement les pratiques d’aménagement.
L’enjeu, aujourd’hui, c’est de permettre aux territoires de concilier attractivité, sobriété et résilience, et de faire en sorte que ces ambitions environnementales deviennent des actions concrètes à toutes les échelles.
Ce qui distingue l’agence Vizea Grand Ouest, c’est d’abord notre capacité à combiner vision stratégique et opérationnalité. Nous accompagnons aussi bien les collectivités dans leurs documents structurants — PCAET, SCOT, PLUi, PLH, référentiels d’aménagement — que les aménageurs et promoteurs dans le développement de leurs opérations.
Ensuite, nous sommes ancrés dans le territoire : les missions que nous avons menées autour de Nantes comme de Rennes nous donnent une connaissance fine des acteurs, des enjeux locaux, et des dynamiques propres au Grand Ouest.
Enfin, notre approche est résolument pluridisciplinaire et coopérative. On croise urbanisme durable, énergie, bas carbone, biodiversité, confort, eau, paysage… et on avance toujours en co-construction avec les acteurs locaux. Notre objectif est simple: transformer la transition écologique en solutions concrètes, adaptées au territoire et à ses projets.
J’imagine l’évolution de l’agence en plusieurs temps.
Les années 2026 et 2027 seront marquées par plusieurs échéances électorales, à l’échelle municipale comme nationale. Comme à chaque cycle politique, cela crée une période d’incertitude et de recalage des priorités, avec des pauses dans certains projets puis des ré-impulsions selon les nouvelles orientations. L’agence se prépare surtout à être adaptable, à l’écoute et capable d’accompagner les collectivités quel que soit le contexte.
Au-delà de ce moment de transition, l’agence a vocation à renforcer sa présence auprès des acteurs du territoire. Nous souhaitons monter en puissance sur les enjeux émergents : l’intégration de la santé dans l’aménagement, la vulnérabilité climatique, et la neutralité carbone. Ce sont des piliers qui vont structurer les politiques publiques dans les prochaines années.
Nous allons également continuer à développer notre maîtrise d’œuvre environnementale, du quartier au bâtiment, pour transformer les ambitions environnementales en solutions concrètes : hydrologie, biodiversité, bas carbone, confort d’été.
Enfin, je souhaite que l’agence poursuive son évolution en tant qu’acteur de référence du Grand Ouest sur l’accompagnement de la transition écologique. Nous avons déjà posé des bases solides avec Nantes et Rennes, et notre objectif est de continuer à structurer cette position, avec une équipe pluridisciplinaire, innovante et ancrée localement.
Si je pouvais transformer un lieu du Grand Ouest demain matin, ce serait le fleuve de la Loire pour lui offrir une reconnaissance institutionnelle et symbolique forte : faire en sorte qu’il soit considéré comme “personne juridique” — c’est-à-dire doté de droits.
L’idée peut sembler un peu utopique, mais elle a le mérite d’ouvrir un autre regard sur ce que représente la Loire : un être vivant, porteur d’une histoire, d’écosystèmes fragiles, d’une biodiversité remarquable, d’un corridor naturel, d’un patrimoine naturel et culturel, plus qu’une simple “ressource”. Elle s’inspire des démarches déjà initiées pour d’autres fleuves dans le monde et de réflexions qui émergent en France. Il s’agit de donner à la Loire le droit d’exister, de vivre, de se régénérer, de voir respectées ses dynamiques naturelles et son bassin versant, de défendre ses intérêts dans la durée.
Si demain la Loire avait des droits - le droit au maintien de la biodiversité, le droit à la continuité écologique, le droit d’être défendue - on serait amenés à repenser nos usages du fleuve : la gestion des eaux, les activités qui l’impactent, les projets situés dans son bassin versant… car toute atteinte avérée à son intégrité pourrait être contestée ou sanctionnée, comme si la Loire pouvait être représentée et défendre ses intérêts
Alors oui, si j’avais un vœu “magique” demain matin : offrir à la Loire la parole, la protection, la reconnaissance. Et faire de son bassin versant un territoire vivant, respecté, et capable de traverser les décennies en préservant ses milieux, ses paysages, sa biodiversité — pour les habitants, pour les générations futures, et pour le vivant tout entier.
Le 12 août dernier, en Ile de France, nos capteurs vizéens ont enregistré deux réalités très différentes à seulement trois kilomètres d’écart.
• En cœur de ville : 42 °C à 17 h, et une température qui n’est jamais descendue en dessous de 23 °C la nuit suivante.
• Dans un parc voisin : 28,5 °C au maximum, puis un retour sous 20 °C dès 1 h 30 du matin.
Un écart de 14 °C entre jour et nuit impressionne mais c'est surtout l'impact sur les températures nocturne qui illustre la force du phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU).
Documenté depuis les années 1960, il s’impose comme l’un des symboles les plus tangibles des impacts du changement climatique sur la vie quotidienne.
Derrière cet ICU se cachent des enjeux multiples :
Le mécanisme est connu et cumule plusieurs facteurs :
Résultat : en moyenne 2 à 4 °C de plus en ville que dans les zones périurbaines, et jusqu’à 8 à 10 °C lors des canicules [Météo-France, 2020]. L’ICU est le produit d’un urbanisme centré sur la minéralité, la densité et la voiture.
Les vagues de chaleur sont devenues l’un des premiers risques climatiques.
Les cartes de l’INSEE et du CEREMA montrent que les quartiers les plus denses et défavorisés sont les plus exposés. À Marseille, Lyon, Toulouse, Lille, ou dans des villes moyennes, le constat est identique : les espaces publics deviennent des fournaises, accentuant les inégalités sociales et sanitaires.
L’ICU n’est pas seulement un inconfort, c’est un enjeu vital :
En 2022, environ 2 800 décès supplémentaires ont été attribués aux vagues de chaleur [Santé Publique France, 2023]. L’ICU agit comme un multiplicateur de ce risque.
Face à la chaleur, la réponse réflexe est la climatisation. Mais cette solution renforce le problème :
Un engrenage : plus il fait chaud, plus on climatise, plus la ville chauffe.
On ne gère que ce que l’on mesure. Des campagnes locales avec capteurs de température et d’humidité permettent de cartographier finement la chaleur. Rennes, Paris ou Lyon s’y sont déjà engagées. Ces données servent à cibler la végétalisation, tester des revêtements clairs, ou évaluer l’effet de l’eau en ville.
La modélisation numérique complète ces observations. Elle permet de comparer différents scénarios d’aménagement et d’anticiper leurs impacts microclimatiques. Sans ces outils, les politiques de rafraîchissement risquent de rester cosmétiques.
L’ICU n’est pas une fatalité. Il résulte de choix urbains, et peut être combattu par d’autres choix :
L’ICU révèle nos choix passés : des villes conçues pour la densité, la voiture, le rendement foncier. Mais il ouvre aussi une possibilité : repenser la ville comme un espace de fraîcheur partagée.
Chaque arbre planté, chaque cour désasphaltée, chaque sol rendu perméable est une victoire. Mais seule une stratégie globale, inscrite dans la durée, transformera réellement nos villes.
Sans action, elles deviendront des pièges thermiques. Avec courage et imagination, elles peuvent devenir des refuges de résilience.
L’écart de 14 °C mesuré en Ile de France entre une rue minérale et un parc voisin n’est pas une anecdote locale : c’est le reflet d’une ville à deux vitesses. Une ville qui chauffe et retient la chaleur, et une autre, plus végétalisée, qui respire encore.
La question n’est pas scientifique mais politique : quel modèle voulons-nous pour l’avenir ?
La réponse se mesure parfois simplement : dis-moi comment ta ville respire la nuit, je te dirai si elle a un avenir.
Nous le savons, les prochaines années sont charnières pour inscrire les secteurs du bâtiment, des transports et de l’aménagement dans une dynamique de décarbonation massive, en vue d’atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale bas carbone (SNBC) à l’échelle française, qui vise la neutralité carbone de la France en 2050.
Si de plus en plus de réglementations régissent le bâtiment et sa performance environnementale, l’échelle de l’aménagement est encore peu regardée sous l’angle des émissions de gaz à effet de serre, pour concrètement passer un cap vers la décarbonation.
Des méthodologies d’évaluation existent pourtant à l’échelle des opérations d’aménagement et de renouvellement urbain, pour réaliser des études dites « BEGES Quartier ».
Qu’est-ce qu’un BEGES Quartier ?
Le bilan de gaz à effet de serre d’une opération d’aménagement est une évaluation de l’ensemble des émissions de GES de l’entité étudiée, sur une durée de vie fixée (usuellement de 50 ans). Ces émissions sont quantifiées par poste, c’est-à-dire qu’elles sont caractérisées selon leur origine. Les postes analysés sont les suivants :
Phase chantier :
- Energie : énergie consommée par les usages des chantiers (engins, base vie…)
- Matériaux : matériaux mis en œuvre pour les travaux portant sur les bâtiments et les espaces publics
- Changement d’usage des sols : flux carbone induits par la libération et la séquestration de carbone dans les sols et la végétation
- Transport : transport des terres et des déchets depuis le chantier vers leurs exutoires.
Phase exploitation :
- Energie : énergie consommée par les bâtiments et les espaces extérieurs
- Mobilité : ensemble des déplacements des usagers du quartiers pendant toute la phase de vie du quartier
- Déchets : ensemble des déchets générés et traités
- Eau : consommation d’eau des bâtiments et des espaces extérieurs
Est-ce réglementaire ?
A l’heure actuelle, la réalisation d’un bilan de GES d’une opération d’aménagement est obligatoire dans le cadre d’une étude environnementale d’impact. Cette évaluation porte sur la caractérisation des émissions de l’existant, c’est-à-dire du scénario sans opération d’aménagement, et des émissions du scénario projet. Ces deux scénarios sont ensuite comparés pour identifier l’impact réel du projet par rapport à ce qui existe déjà.
À la suite de la réalisation du bilan, des mesures E-R-C (Eviter, Réduire et Compenser) doivent être définies pour le projet et suivies dans le temps. Ces mesures ont pour objectifs de réduire les émissions de GES mais ne constituent pas réellement une remise en question profonde du projet et des grandes orientations qui peuvent réduire drastiquement les émissions. D’autant plus que pour la majorité des opérations, le bilan de GES est réalisé une fois que le projet urbain est dessiné et validé, c’est-à-dire une fois que les orientations de conception les plus impactantes ne peuvent plus vraiment être modifiées.
Le moment auquel le BEGES est réalisé est donc crucial pour réellement engager une conception vertueuse et bas carbone des aménagements, de manière à intervenir avant que les décisions de programmation et de conception des espaces ne soient tranchées. La collaboration avec toutes les parties prenantes est également importante pour prendre en compte les contraintes de chacun et envisager le plus tôt possible des modifications.
Ordres de grandeur de l’acte d’aménager
Alors pour anticiper ces études qui sont parfois tardives, il est déjà nécessaire de connaitre les ordres de grandeur de l’aménagement, c’est-à-dire d’où viennent majoritairement les émissions. Pour cela, nous capitalisons chez Vizea les données qualitatives et quantitatives des études que nous menons sur les différentes opérations d’aménagement pour en tirer des tendances et des indicateurs évocateurs de manière à mieux accompagner les opérations suivantes, et ce, dès les premiers coups de crayons.
Car même si chaque opération d’aménagement ou de renouvellement urbain est unique de part sa programmation, sa localisation ou l’imbrication de l’ensemble des contraintes et ambitions environnementales, les postes les plus émetteurs et les éléments techniques ou programmatiques qui sont responsables des émissions sont très souvent les mêmes. Les deux premiers chiffres à avoir en tête sont ceux de la répartition des émissions pour les phases chantier et exploitation. Cela laisse donc penser qu’il va falloir accélérer les efforts que nous mettons dans la décarbonation de l’exploitation de nos bâtiments et des espaces publics, et particulièrement sur le volet énergétique.

Figure 1 : Répartition moyenne des émissions entre la phase chantier et la phase exploitation
Si l’on regarde la phase d’exploitation de manière un peu plus précise, la répartition des émissions est la suivante :

Figure 2 : Répartition moyenne des émissions pour la phase exploitation

Figure 3 : Répartition moyenne des émissions pour la phase chantier
Alors il s’agit ici de moyennes, réalisés à l’échelle de 30 opérations d’aménagement. Si elles possèdent toutes des caractéristiques qui leur sont propre et qui peuvent parfois remettre en question ces répartitions d’émissions, les leviers de décarbonation restent les mêmes.
Quels leviers actionner ?
Quel lien avec l’empreinte des Français ?
L’empreinte carbone d’un français et est donc étroitement lié avec la qualité de service, d’usage mis à sa disposition.
Qu’il s’agisse de l’ensemble des services offerts à l’usager (commerce, école, établissements publics) à proximité, ce seront d’autant de possibilité de vivre au quotidien en limitant ses déplacements et par conséquent la place de la voiture en tant de mode de déplacement.
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