L'actualité du développement durable

Interview de Aurélien Keller Directeur Agence Vizea Lyon

Aurélien

Aurélien Keller a rejoint Vizea pour prendre la direction de l'agence de Lyon avec une conviction forte : que c'est à l'échelle locale et concrète que se joue véritablement la transition écologique. Sur un territoire aussi vaste qu'hétérogène, entre Auvergne-Rhône-Alpes et PACA, il porte l'ambition de développer l'activité régionale de Vizea en s'attaquant à des défis de fond : sobriété foncière, adaptation au changement climatique, mobilité durable, réhabilitation du bâti existant. Dans cette interview, il revient sur les grandes mutations environnementales et urbaines qui traversent le territoire lyonnais, sur la manière dont l'agence accompagne au quotidien collectivités, promoteurs et maîtres d'ouvrage face à un cadre réglementaire en perpétuelle évolution.

Qu'est-ce qui t'a amené chez Vizea, et qu'est-ce qui t'a conduit à prendre la direction de l'agence de Lyon ?

Dès le collège, je répondais sans hésiter que je voulais travailler dans le bâtiment et l'énergie à la fameuse question : "Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?". La traduction concrète était encore floue, mais le fond n'a pas tellement changé.

Après une première expérience en bureau d'études environnement, j'ai eu la chance de participer au développement du pôle ingénierie d'Openergy, qui a ensuite rejoint le groupe Egis et dont j'ai pris la direction en 2024.

Rejoindre Vizea s'est fait dans la continuité de cette aventure, avec deux nouveaux défis : développer l'activité régionale de Vizea sur une grande région sud-est et découvrir de nouveaux métiers que je ne pratiquais pas encore.

J'y ai (re)trouvé des projets d'aménagement de quartier, de mobilité durable ou de programmation d'opérations de construction ou de réhabilitation de bâtiments sur lesquels l'impact que nous avons sur la société et la ville de demain peut être très fort. C'est finalement ce point qui a fait la différence : contribuer, personnellement et au travers de l'agence, à un monde plus durable et soutenable au travers de projets locaux et concrets. Peut-être que le fait d'être devenu papa n’y est pas tout à fait étranger.

Quels sont selon toi les enjeux environnementaux et urbains les plus structurants aujourd'hui pour Lyon et la Région ?

Nous intervenons depuis Lyon sur un territoire très vaste et hétérogène, entre AURA et PACA.

Les problématiques sont aussi diverses que les territoires : des zones très attractives comme l'arc alpin ou la métropole d'Aix-Marseille, et de nombreux territoires ruraux ou périurbains qui dépendent fortement des dynamiques des grands pôles.

Certaines villes moyennes héritent de politiques d'aménagement encore souvent fondées sur l'extension urbaine. C'est aujourd'hui un modèle à bout de souffle, entre artificialisation des sols et dépendance à la voiture individuelle. La transition commence à s'opérer malgré le temps long de l'aménagement du territoire qui impose de la patience.

Du point de vue environnemental, je pense que nous traversons deux transitions majeures, aussi bien sur le plan sémantique que dans la prise de conscience des acteurs du territoire.

  • La première est l'entrée dans une période où l'adaptation au changement climatique devient incontournable, sans abandonner les efforts d'atténuation. C'est particulièrement vrai dans les territoires les plus exposés que sont l'arc alpin et le sud. Des questions concrètes se posent sur l'impact de l'aménagement sur l'effet d'îlot de chaleur urbain, sur la création de zones et de cheminements de fraîcheur. Ce sont des enjeux que nous abordons directement sur nos projets, et aussi dans le cadre de démarches d'évaluation comme celle que nous conduisons à Montpellier, où nous mesurons l'effet d'îlot de chaleur dans trois quartiers aménagés ces trente dernières années.
  • La deuxième transition est le glissement de la notion de confort vers celle de santé. Sur le confort d'été, bien sûr, la canicule de 2003 a causé près de 15 000 décès supplémentaires, et cela ne doit pas être oublié. Mais aussi sur la qualité de l'air, véritable enjeu de santé publique dans les grandes métropoles comme dans certaines vallées alpines.

Sur un plan plus large, les hausses répétées du prix de l'énergie ces dernières années représentent peut-être une opportunité. Elles pèsent lourd sur les populations les plus fragiles et les territoires les plus dépendants de la voiture, mais elles permettent d'aligner à nouveau transition écologique, enjeux sociaux et économies de ressources d'une manière que les seuls arguments environnementaux ne permettaient pas toujours. C'est un levier pour trouver des soutiens au-delà des convaincus, pour accélérer les alternatives à la voiture dans les zones rurales, et pour rendre moins coûteux le passage à des matériaux biosourcés ou géosourcés dans le bâtiment par exemple.

L'agence intervient notamment sur le bâtiment durable et la mobilité. Concrètement, à quoi ressemble votre travail au quotidien sur ces sujets dans le contexte lyonnais ?

Dans le bâtiment, nous accompagnons des projets très diversifiés, tant en termes de missions que de typologies ou de stades d'avancement. Nous sommes par exemple intervenus sur plusieurs missions de programmation environnementale pour l'université de Lyon ces dernières années afin de définir les ambitions portées sur des opérations de construction ou de réhabilitation de locaux universitaires. Nous travaillons également aux côtés de promoteurs immobiliers à Lyon, Dijon ou Annecy pour développer des opérations ambitieuses sur le plan environnemental, tout en restant pragmatiques face au contexte économique difficile dans lequel évoluent ces acteurs qui font la ville.

Sur la mobilité durable, nous accompagnons plusieurs collectivités dans l'élaboration et la mise en œuvre de leurs stratégies, avec l'objectif de réduire la dépendance à la voiture individuelle. Nous avons développé une vraie expertise de la mobilité en montagne, en accompagnant les communes de Valloire et Courchevel, mais aussi sur des territoires ruraux et périurbains comme la commune de Belleville-en-Beaujolais, pour qui nous avons conçu un plan de mobilité scolaire. L'écomobilité scolaire est d'ailleurs un levier encore sous-exploité : c'est une brique essentielle pour montrer aux nouvelles générations ce qu'il est déjà possible de faire aujourd'hui. Travailler sur ce sujet aux côtés d'équipes et d'élus motivés, comme à Belleville, est un réel plaisir.

Quels sont les défis que tu observes le plus souvent chez les acteurs que vous accompagnez ?

Le premier défi est souvent celui du financement. Dans une période d'instabilité des investissements publics, beaucoup s'interrogent sur leur capacité à financer la transition. Ce défi mérite d'être nuancé : investir dans la transition n'est pas une dépense de fonctionnement. Et surtout, ce n'est pas nécessairement un surcoût : de nombreuses solutions permettent de développer des projets ambitieux à budget constant, à condition de les anticiper suffisamment tôt. Rénover et travailler avec l'existant, faire du réemploi dans la réhabilitation d'un immeuble de bureaux comme nous le faisons sur un site administratif à Marseille sont des exemples concrets de cette logique.

Le deuxième défi est la difficulté à s'orienter dans un environnement réglementaire changeant, parfois contradictoire. Dans le bâtiment, les évolutions successives du décret tertiaire et de la RE2020 ces dernières années demandent une vraie agilité pour conseiller au mieux les maîtres d'ouvrage. Pour l'aménagement du territoire, la politique du ZAN, ou encore les évolutions du fond vert ont le même effet désorientant pour les acteurs qui ne se confrontent pas à ces enjeux quotidiennement. Notre rôle est précisément de leur permettre de garder le cap dans cette complexité.

Nous avons aussi beaucoup à faire sur les nouveaux métiers de Vizea, notamment la transition environnementale des organisations, qui représente un axe de développement prometteur.

Ce qui me rend confiant, c'est la profondeur des savoir-faire disponibles à l'agence comme dans l'ensemble du réseau Vizea. C'est en continuant à accompagner des opérations exigeantes et de long terme, comme la ZAC Gratte-Ciel Centre-Ville à Lyon que nous suivons depuis plus de dix ans, que l'agence démontrera son expertise et construira sa trajectoire.

Si tu pouvais transformer un lieu d'Auvergne-Rhône-Alpes demain matin, comme par magie, lequel choisirais-tu et pourquoi ?

Je choisirais la montagne. Pas un lieu précis, mais une vision d'ensemble. Nous accompagnons des communes de montagne comme Valloire, Courchevel ou Bonneville, et je mesure chaque jour l'ampleur des mutations en cours : des modèles touristiques à réinventer face au changement climatique, des mobilités à repenser, des projets urbains à concevoir autrement dans des vallées sous pression.

Ce que je rêverais de transformer, c'est le regard collectif que nous portons sur ces territoires. Une montagne que l’on réapprend à respecter à l’aune du changement climatique : épargnée du tourisme de masse mais plus accessible à tous, sobre mais plus riche d'usages. Pas une montagne uniquement sauvage, mais une montagne où l'aménagement redevient au service des habitants, des amoureux des grands paysages et de la nature.

 

 

Vizea île de France

Siege Social

59 avenue Augustin Dumont

92240 MALAKOFF

01 84 19 69 00

contact@vizea.fr

Vizea Sud-Est

HEVEA

2 Rue Professeur Zimmermann,

69007 LYON

04 28 29 37 50

contact@vizea.fr

Vizea Grand-Ouest

14 rue Cécile Brunschvicg,

44000 Nantes

02 85 52 51 70

nantes@vizea.fr

Vizea Sud-Ouest

24 rue Rolland,

33000 Bordeaux

05 35 54 53 10

contact.vso@vizea.fr

Image

© Vizea - Tous droits réservés. Mentions légales - Plan du site - Vos questions les plus courantes