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A partir du 19 août, la planète vit à crédit ... énergétique

 

Ce mardi 19 août 2014 marquait le Jour du dépassement, ce jour à partir duquel l’humanité consomme plus de ressources naturelles renouvelables que la terre peut fournir au cours d’une année. Depuis 1970, la date ne cesse de se rapprocher année après année sur le calendrier. Une donnée qui inquiète les ONG.

 

Comme chaque année, mais de plus en plus tôt dans le calendrier, les ONG écologistes tirent la sonnette d’alarme face à la surexploitation galopante des ressources naturelles de la Terre. Depuis 2003, ce signal a un nom : le Jour du dépassement (Earth Overshoot Day, en anglais), ce moment de l’année où l’humanité a consommé plus que la Terre ne pouvait lui offrir en 365 jours. Calculée depuis le début des années 1970, cette date a été officialisée et standardisée par l’ONG américaine Global Footprint Network en 2003, laquelle utilise les mêmes moyens de calcul depuis onze ans pour mesurer l’épuisement des réserves naturelles renouvelables de la planète sur une année.

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Selon les calculs de l'ONG, notre demande équivaut désormais à plus d'une fois et demi la capacité de la Terre.
 
Le basculement de 1970
 
Et le résultat a de quoi inquiéter : Mardi 19 août  a marqué le jour où l’humanité a épuisé son crédit pour l’année en cours, soit au 231e jour de 2014. C’est un jour de moins que l’an dernier mais déjà douze jours de moins qu’en 2010, année lors de laquelle le basculement dans la colonne débit n’avait eu lieu que le 31 août. Douze jours perdus en quatre ans ! A titre de comparaison, le Jour du dépassement avait eu lieu le 5 octobre en 2000, il y a seulement quatorze ans. Plus loin dans le passé, il avait été constaté le 15 octobre en 1990 et le 29 novembre en 1975,

Le basculement a effectivement eu lieu en 1970, quand la population mondiale était pratiquement de moitié inférieure à celle d’aujourd’hui (3,7 milliards d’habitants contre près de 7,2 milliards en 2014) et où les besoins énergétiques étaient nettement moindres qu’à l’heure actuelle, même si des progrès sont faits chaque jour en faveur des économies d’énergie. 

Un besoin de deux planètes avant le milieu du siècle

Si les projections des Nations unies sur la croissance de la population et de la consommation s'avèrent exactes, nos besoins exigeront la capacité de deux planètes avant le milieu du siècle, d'après le Global Footprint Network.

Cette surexploitation de ressources naturelles découle de quatre facteurs principaux, selon le Global Footprint Network : de ce que nous consommons, de l'efficacité avec laquelle les produits sont fabriqués, de la population mondiale et de la capacité de production de la nature.

"L'amélioration des technologies ont permis d'augmenter la productivité biologique au cours des années, mais celle-ci peine à suivre le rythme avec lequel la population et la demande de ressources croissent", souligne le WWF.

C'est ainsi que désormais 72 % de la population vivent dans des pays qui surexploitent la biocapacité (dont la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie, le Japon, les Etats-Unis, la Grèce, le Danemark, la Suisse, le Qatar et les Émirats arabes unis).

Il faudrait ainsi 1,6 France pour répondre aux besoins des Français, 1,9 Etats-Unis pour les Américains, 2,5 Allemagne pour les Allemands, 3,3 Royaume-Uni pour les Britanniques, 3,1 Grèce pour les Grecs, 4,3 Suisse pour les Suisses, 4,4 Italie pour les Italiens, 7 Japon pour les Japonais et 12,3 Émirats arabes unis pour les Emiriens.

Seulement 14 % continuent de disposer d'une biocapacité plus importante que leur empreinte écologique (notamment le Brésil, la Finlande, le Canada et l'Australie).

 

Alors que faire ? L’idéal serait bien entendu que tout le monde s’y mette, dans un grand élan collectif mais il ne semble pas que ce soit encore le chemin emprunté par l'humanité. « Il ne s’agit pas d’un retour à la bougie mais il y a des gestes assez simples, des "éco-gestes", que l’on peut faire au quotidien, que ce soit dans la manière dont on trie ses déchets, notre consommation de viande qu’il faut réduire, ce qui ne veut pas dire ne plus en manger du tout » souligne Marion Delros, membre de l’association Footprint. « On peut aussi choisir des produits certifiés et gérés de manière durable.

Les solutions ne manquent pas mais le temps presse. A compter de ce 19 août, l’humanité va en effet vivre à crédit pendant 134 jours, aux dépens des générations futures.

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